Cinéma chrétien et business crétin

Entre deux avis sur des sorties cinéma provenant d’une personne ayant vu plus de fois Fast & Furious 5 qu’il n’aimerait assumer, j’aimerais vous parler d’un sujet dont on ignore quasiment l’existence en France. J’aimerais vous parler d’un cinéma provenant des États-Unis qu’on ne voit quasiment jamais diffusé dans nos bonnes vieilles salles sombres : le cinéma chrétien.

Tout d’abord il faut savoir une chose : le cinéma chrétien n’est pas un phénomène nouveau, loin de là. On peut remonter jusqu’aux années 1910 et y trouver des films chrétiens.
Néanmoins, comme tous les genres de cinéma avec la consommation de films qui n’a cesser d’augmenter au fur et à mesure des décennies, nous en sommes à un point où aujourd’hui il n’y a jamais eu autant de nouveaux films chrétiens qui sortent dans les salles américaines.
Pour vous donner des chiffres, en 1998 on comptabilisait 3 films chrétiens, en 2008 il y avait 10 films du genre et l’année dernière nous en avons eu 17.

Mais avant de m’attaquer à la partie business (qui est celle dont je veux parler avant tout) de ce genre cinématographique, voyons ensemble ce qu’est un film chrétien. Après tout, il s’agit d’un genre pratiquement inexistant chez nous.
Je ne vous prends pas pour des idiots. Vu le nom du genre, je me doute bien que vous avez compris ce qu’est un film chrétien. Disons que c’est le système autour que je vais expliquer.

Même si nous avons plusieurs dizaines de sociétés spécialisées dans la production de films mettant en avant les « bonnes vieilles valeurs chrétiennes », aujourd’hui nous avons 2 acteurs notables : Sherwood Pictures et Pure Flix Entertainment.
On va se concentrer avant tout sur ce dernier, qui a le vent en poupe ces dernières années.

Pure Flix produit aujourd’hui plusieurs films par an, avec souvent un budget très faible (on ne dépasse jamais les 10 millions de dollars) pour assurer quasiment toujours un retour sur investissement.
Et cette technique fonctionne puisque l’année dernière ils enregistraient un total de 27,4 millions de dollars de revenus.

Je ne suis pas là pour critiquer la qualité des films produits car là n’est pas le sujet. Nous avons globalement des films qui sont là pour nous vendre un message en lien avec la religion.
Le fait de conserver sa virginité avant le mariage pour trouver la bonne personne, le fait d’avoir la foi pour combler un vide en soi etc…
A défaut d’être de bons films, il n’en sortait rien de bien choquant ou créant de la polémique.

Du moins, c’était le cas jusqu’à très récemment.

Le 29 mars 2019 est sorti le film Unplanned, qui s’attaque à un sujet échauffant les esprits un peu partout dans le monde mais surtout aux états-unis : l’avortement.

Forcément, le film a fait plus de vagues que d’habitude étant donné le thème abordé. Et sachant le genre traité, on se doute que le film n’a pas un avis cherchant à être constructif sur la question. Le film veut bien entendu étaler la vision de l’église sur la question comme étant la vérité, diabolisant du coup les centres d’avortement.

Le sujet de l’article n’est pas de parler croyances religieuses, chacun voit midi à sa porte alors si jamais il y a une envie de commenter uniquement sur l’aspect religieux, je vous encourage poliment à vous retenir.

Là où le film a attiré mon attention n’est pas sur sa propagande, mais sur sa stratégie marketing.

Sur le site internet du film Unplanned, nous pouvons voir dans la « stratégie d’organisation d’un événement » pour la diffusion du film que les places de cinéma sont déjà considérées comme achetées et que c’est ensuite à l’organisateur de s’occuper de tout ce qui touche à la redistribution.

Ce que cela implique est que même si l’organisateur d’un événement ne vend que 60 ou 80% des places, peu importe : le score au box-office du film comptera l’intégralité des places de la salle où le film est diffusé.

Tout ceci pour vous dire deux choses : ce n’est pas parce qu’un film sort dans les salles de cinéma à notre époque que la propagande n’existe plus et aussi et surtout que les chiffres de box-office sont toujours des chiffres à prendre avec beaucoup de perspective. Qu’une réussite d’un film d’un point de vue économique ne soit pas un indicateur de sa qualité.
Travaillez votre propre esprit critique, ne vous faites pas avoir par de simples artifices.

Liste des sources :

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Article écrit par Greil

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