DEMOLITION

Pour ma première critique sur la V2 de GeeKroniques, je souhaitais taper fort. J’aurais pu vous troller avec «Les Visiteurs 3» mais je n’aime pas cette saga ciné française et je pense qu’en faire un article aurait été une véritable boucherie. Non, étant donné que Mat a travaillé dur pour nous offrir ce nouveau site, j’ai souhaité vous parler de «Demolition». J’aime l’idée d’imaginer Mat en train de démolir la première version de GeeKroniques!!!

Demolition-affiche

«Demolition» nous raconte l’histoire de Davis Mitchell qui a perdu son épouse dans un accident de la route et qui va rentrer dans une période étrange entre dépression, démolition, obsession mais surtout…révélation(s).

DEUIL, BURN OUT ET M&M’S

Le dernier long métrage de Jean Marc Vallée cherche directement à nous ancrer dans le réel, nous sommes en voiture avec un couple dans ce que ça peut avoir de routinier et banale. Un frigo à réparer, un manque d’écoute de l’homme envers sa femme (tiens, tiens, j’espère que ma copine ne lire pas cette critique) quand soudain la violence d’un accident de la route vient nous saisir. On se retrouve à l’hôpital et nous apprenons le décès l’épouse de Davis, Davis, cet homme qui nous allons accompagné durant les 1h41 de ce film. Bizarrement «Demolition» ne va prendre le chemin de la souffrance, du deuil étouffant et des ruisseaux de larmes, non, non, ce long métrage va prendre diverses directions afin d’entrer dans les profondeurs de l’âme de notre Davis.

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Davis fait partie de ses personnages auxquels on peut s’identifier facilement, il est à l’image de nos sociétés. Ces sociétés qui nous indiquent quelle modèle de vie et de réussite nous devons choisir que se soit sur un plan professionnel, financier et même amoureux. Davis, c’est monsieur tout le monde et même plus que ça, le mec qui a réussi avec une superbe copine, une superbe maison et une belle Porsche pour aller bosser dans les quartiers financiers de New York. Davis, c’est surtout un mec déconnecté aux émotions par la vie factice qu’il a vécu durant plusieurs années et qui va vriller totalement pour un paquet de M&M’s qui n’est pas tombé correctement la machine à friandises de l’hôpital dans lequel il a perdu son épouse. Oui, vous avez bien lu, un vulgaire paquet M&M’s. C’est à cause de ce petit tracas que notre héros va totalement basculer dans ce qu’on identifie maintenant comme un burn out. Il va dans le désordre: correspondre avec une dame qui gère le service client de la société des machines à friandises, arrêter son taf dans la finance, démolir sa maison, en faire voir de toutes les couleurs à ses parents et ses beaux parents, s’amuser, rire, aller plus loin que la simple correspondance avec celle qu’il appelle maintenant Karen, créer une complicité avec le fils de celle ci, découvrir le passé de sa défunte épouse et comprendre qu’il ne l’aimait pas vraiment et que sa vie manquait d’authenticité.

jake-gyllenhaal-dancing-in-demolition-movie

A vrai dire, je ne savais pas grand chose de «Demolition» avant d’aller le voir mis à part une bande annonce énigmatique. C’est surtout la présence de Jake Gyllenhaal au casting qui m’a vraiment donné envie de le voir. Jake est un acteur dont j’apprécie les choix de carrière mais j’ai déjà dit beaucoup de bien de lui dans ma critique sur «La rage au ventre». Pour faire simple, le plus gros défaut de Jake Gyllenhaal, c’est l’orthographe de son nom!!! Il interprète, ou plutôt il incarne, Davis à la perfection avec une facilité de jeu impressionnante et surtout il arrive à exploiter et faire vivre les émotions de son personnage à travers les mouvements de son corps mais aussi les expressions de son visage. Il n’est pas le seul à exprimer tout son talent à l’image, j’ai beaucoup apprécié le personnage de la douce Karen, interprétée par la toujours délicate Naomi Watts. Une femme douce, fragile qui subit elle aussi sa vie personnelle et professionnelle et qui doit également gérer un fils qui se cherche et avec qui elle ne communique guère. D’ailleurs ce fameux fils est joué par un jeune acteur plutôt doué, Judah Lewis, qui nous offre un super duo de personnage avec Davis même si je déplore un développement de celui-ci un poil lourd et presque en trop dans ce scénario. Vraiment, je ne peux que m’incliner devant une telle histoire et de tels acteurs pour lui donner vie, magnifique!!

TRACTOPELLE, AZNAVOUR ET CAROUSEL

Jean Marc Vallée est un réalisateur canadien (québécois, tabernacle!!) qui n’en est pas à son premier coup en matière de cinéma. Jean Marc nous avait déjà gratifié d’un super film «C.R.A.Z.Y» mais c’est surtout «Dallas Buyers Club» qui l’a fait connaître et reconnaître mondialement. Vallée possède la grande force de savoir doser les émotions dans ses histoires et cela sans jamais tomber dans le pathos, la déprime totale mais en faisant cohabiter la joie, l’amertume, la mélancolie et la destruction des piliers de la personnalité chez un être humain. «Demolition» en est la métaphore visuelle dans laquelle le réalisateur s’engouffre pour nous perdre, nous faire peur, nous faire réfléchir sur notre propre existence et la fatalité de celle-ci. Pour cela, il s’amuse avec les images comme autant de souvenirs, il use et abuse d’un montage assez vif pour nous montrer la perte de repères de Davis. J’aime ces réalisations visuelles efficaces qui ne tombent pas dans la facilité de l’opulence d’effets en tout genre comme pour appuyer maladroitement une intention de réalisation. Du grand art, de la dentelle…

demolition

Attention, je suis complètement conquis par ce «Demolition» mais je ne suis pas non plus aveugle. Exprimer la dépression, le ras le bol et le mélancolie ne sont pas chose aisée et il est vrai que ce film connaît quelques ralentissements propres à la narration de ce type d’histoire. Enfin, je ne suis pas aveugle en effet mais je ne vois que des bonnes idées dans ce film: oui, j’insiste lourdement mais je suis obligé. Prenons, par exemple, cette idée de faire démonter des objets à Davis comme pour nous montrer la recherche de vérité de notre héros mais aussi indirectement sa volonté de comprendre ce qui ne va pas chez lui. Même en augmentant le level, quand celui ci se met à détruire sa belle maison moderne tout droit sortie d’un catalogue IKEA, on comprend aisément que Davis détruit son passé et ses épisodes les plus douloureux pour mieux se reconstruire. Comme quoi, dans un coup de massue et une vitre brisée peut naître de la quiétude…

A voir? «Demolition» ou comment sortir d’une salle de cinéma avec la gorge nouée mais le sourire aux lèvres…

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7.5 Note GeeKroniques
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Article écrit par Anthony

Grand consommateur de films, mais attention : j'aime la qualité!!! SF, fantastique, action, réflexion, comédie, français, étranger, drame, biopic, etc, etc, ... du moment que c'est fait avec le cœur et non avec les pieds!!!

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