Bates Motel – L’intégrale, Saison 1 à 5

Bates Motel est un prequel du célèbre film d’Hitchcock “Psychose”. On y suit l’adolescence de Norman Bates ( qui sera dans le film, le tueur en série), on comprend pourquoi et comment il devient fou, ainsi que son obsession pour sa mère.

Je vous le dis d’emblée, j’ai adoré cette série ! Et contrairement à beaucoup de séries, plus les saisons passent et plus j’aime ! En particulier la saison 3 et 4 ou la descente aux enfers prend une tournure des plus dramatiques…

Mais alors que “Bates Motel” est censé se passer bien avant les événements du film Psychose qui date des années 50, la série se passe de nos jours. Au début j’avais un doute, car Norman et sa mère Norma sont habillés plutôt vieillot, leur maison et leur motel sont d’un style très vintage, le doute planait… Mais tout au long  de l’épisode 1, on constate qu’il y a des smartphones, ainsi que d’autres petites choses actuelles, ce n’est pas flagrant donc du coup pas trop gênant. Un autre détail aussi, c’est que l’action se passe à White Pine Bay alors que dans le film le célèbre motel est à Fairvale ^^

Mais dans Bates Motel nous retrouvons pourtant des personnages et des scènes entièrement réappropriées. En effet, les personnages de Marion Crane et Sam Loomis, pour commencer.  Ils ont été intégrés à la série (avec l’apparition de Rihanna pour le rôle ). Leur histoire est un peu différente, mais totalement cohérente avec le reste de la série. Difficile de reprendre de tels rôles cinquante ans après, et pourtant Austin Nichols s’en sort à merveille, contrairement à Rihanna, qui est transparente et fade à l’écran.

Comme dit précédemment, des scènes entières sont reprises dans Bates Motel, comme l’arrivée de Marion au Motel, sous la pluie battante, ou encore la façon qu’a Norman de choisir la chambre numéro une pour la jeune femme, afin de l’observer dans le trou caché derrière un cadre. On y retrouve des détails également, comme lorsque Norman dit à l’enquêteur qu’il change les draps une fois par semaine, même si la chambre n’est pas occupée.

On comprend alors que Bates Motel n’est pas un vrai prequel, mais plutôt une nouvelle version de Psychose, ce qui n’est pas dérangeant, car ce n’est pas une version qui dénote complètement, j’ai l’impression que c’est une série intemporelle.

Le début de l’histoire se passe donc à White Pine Bay, Norma et son fils Norman viennent d’y emménager, le papa de Norman a eu un tragique accident, ils veulent donc recommencer une nouvelle vie ailleurs. Avec l’argent de l’assurance, ils rachètent un motel, ainsi que le vieux manoir attenant.

Dès le début, on comprend que Norman est un enfant très couvé par sa mère et malgré le fait qu’il ait 17 ans, il se comporte presque comme un bébé, il développe un amour plus qu’un simple lien mère-fils, et parfois cette relation ambiguë nous met vraiment mal à l’aise.

Pourtant Norman n’est pas asocial, dès son arrivée en ville il rencontre un groupe de filles, notamment la fille la plus populaire du lycée, Bradley, dont il tombe vite amoureux, jusqu’à l’obsession…Il se lie aussi d’amitié avec Emma, une jeune fille atteinte de mucoviscidose, c’est elle cette fois qui tombe amoureuse de Norman.

Jeune garçon à l’allure très soignée, totalement dominé par sa mère, il apparaît timide et réservé, mais on le sent rongé lentement et sûrement par la bête qui s’éveille en lui, une bête qui se nourrit de ses frustrations sexuelles et de ses psychoses. La seule question qu’on se pose, c’est va-t-il céder à ses pulsions ?

L’élément psychotique est d’ailleurs très bien rendu et pousse le spectateur à se demander à plusieurs reprises si ce qu’expérimente Norman à certains moments, c’est bien la réalité ou le fruit de son imagination malade. Le choix de l’acteur, Freddie Highmore, s’avère parfaitement judicieux et on est subjugué par tant de talent ! À la fois attachant et inquiétant, il interprète un Norman Bates crédible qui marche dans les pas de celui campé par Anthony Perkins voici maintenant plus de 50 ans !

La première saison n’est pas centrée sur Norman, logique, car pour comprendre comment il est devenu ce célèbre tueur que nous connaissons, il faut comprendre son entourage, et cette saison va vraiment poser les bases d’une foultitude de personnages que l’on retrouvera tout au long des 5 saisons. Certains vont prendre de l’ampleur dans les saisons suivantes, comme le shérif Romero ou Emma, mais dans cette première saison, c’est surtout Norma la mère et Dylan le demi-frère qui seront mis en avant.

Norma Bates, jouée par Vera Farmiga, est une actrice extraordinaire et on ne peut qu’applaudir et  acclamer le talent de cette actrice. Elle est d’ailleurs nominée chaque année depuis 2013 pour les Critics Choice Television Awards dans la catégorie meilleure actrice pour une série dramatique. Nominée aussi aux Emmy Awards, aux Satellites Awards, ainsi que bien d’autres cérémonies. Elle à eu pour ce rôle des récompenses en 2014, 2016, et déjà en 2017 !

Dans la série elle crève l’écran ! Elle arrive à jouer  tous les registres se montrant successivement apeurée, déterminée, froide, chaleureuse, réservée, excentrique,comique, inébranlable, fragile, possessive, on ne dirait même pas que c’est un rôle, on à l’impression de voir notre mère, notre tante, notre copine, la voisine, bref n’importe quelle femme, ou plutôt toutes les femmes. Elle joue surtout très bien une femme parfaitement instable ^^

Dans certaines scènes, on a l’impression de voir une adolescente, dans d’autres une femme usée par la vie. Car le personnage de cette Norma est d’une richesse époustouflante. Malmenée par l’existence, elle reçoit des coups, mais reste debout. Elle tient solidement, malgré l’acharnement du destin, car elle s’accroche à ce qu’elle aime le plus, son fils, son Norman.

Au fil des saisons, on se surprend à détester puis adorer cette femme, c’est là que l’on voit que c’est une excellente série, réussir à nous faire passer par toutes les émotions sur un personnage, c’est qu’il est parfaitement travaillé, et surtout parfaitement joué.

Dans la saison 1, on déteste Norma, on se dit que c’est elle la folle, on ne sait pas si ce qu’elle dit est vrai ou faux, et puis au fil des saisons, la tendance s’inverse, on se rend compte qu’elle à un coeur, qu’elle a beaucoup souffert, qu’elle fait tout ce qu’elle peut pour sauver son fils, et surtout se sauver elle.

Premier fils de Norma et demi-frère de Norman, Dylan interprété par Max Thiériot se sent néanmoins comme un étranger dans sa propre famille. Son arrivée dans le deuxième épisode de la saison 1 nous laisse perplexes, que fait-il là ? On à l’impression que cela va être le personnage secondaire qui ne sert à rien, qui est là comme un cheveu sur la soupe. Mais pas du tout.  Ce personnage est passionnant ! Grâce à lui, notre vision de la série se porte au-delà du duo Norma-Norman, on s’intéresse à ce qui se passe autour d’eux.

Sa relation très tendue avec sa mère joue vraiment le contraste avec cet amour inconditionnel porté sur Norman, et puis l’air de rien il aime son frère et essaie plusieurs fois de le libérer, de faire couper ce fameux cordon qui le lie à leur mère en vain.

Au fil des Saisons

La saison 1 de Bates Motel pose les bases de ce foyer anxiogène et déclencheur de la pathologie de Norman, la transition entre la première à la deuxième saison est d’autant plus percutante qu’on franchit une étape dans la relation mère/fils et du même coup dans la psychose.
Le jeune homme, en proie à ses désirs, adresse des regards insistants et des gestes de plus en plus déplacés à l’égard de sa mère, mais il tente aussi de se libérer de son emprise, allant jusqu’à la provoquer et la rejeter.
Paradoxalement, dans la saison 2, on néglige un peu leur intimité pour faire la part belle au héros (et développer les autres personnages).

Pas mal d’histoires parallèles sont mises en place, comme Norma qui s’intègre parmi la haute société de la ville dans l’espoir de stopper la nouvelle autoroute en construction qui générait l’activité de son motel, mais le fil rouge le plus important reste les trafics de drogue de la ville.  En fait ces histoires de bandes rivales pour le trafic de drogue local ne sont là que pour donner un peu de légitimité au demi-frère de Norman dont on apprend enfin les incestueuses origines, dévoilant alors le caractère encore plus malsain de Norman.

Mais ce sont les évolutions de Norma (devant mener son affaire, tentant d’avoir une relation amoureuse sans y parvenir) et de Norman (cherchant à la fois à se détacher de sa mère en l’énervant, mais revenant dans ses jupes) dont les absences se révèlent de plus en plus au spectateur qui vont maintenir notre attention. Les deux personnages sont l’un et l’autre passionnant à suivre chacun de leur côté et les graines semées en première saison sur l’esprit dérangé de Norman commencent à pousser à son insu.

Dans la saison 3 Norman a de plus en plus de mal à gérer ses absences, durant lesquelles il perd tout contrôle. Sa mère, Norma, est elle aussi totalement désemparée face à la maladie de son fils.

En toute logique, la troisième saison vient appuyer un peu plus là où ça fait mal en se focalisant tout spécialement sur la psychose de Norman Bates, dont les agissements commencent à déteindre sur beaucoup d’autres personnages

On suit à nouveau les mésaventures de la famille Bates, notamment celles de Dylan, le fils aîné de Norma, qui semble vouloir se ranger après ses ennuis avec la mafia de la drogue locale. C’est sans compter sur Caleb, le frère de Norma que celle-ci déteste, et dont le retour en ville fait vriller la famille une fois de plus. Côté motel, les corps s’entassent, entraînant Norma et le shérif Alex Romero à fouiner dans les affaires d’un organisateur de soirée véreux.

Norman quant à lui montre au grand jour les premiers signes d’une sévère psychose.

Si les deux premières saisons de Bates Motel traînaient parfois en longueur à cause de sous-intrigues trop nombreuses, ce n’est pas le cas de la troisième qui s’avère passionnante.

La saison 4 sera celle de l’apothéose.  Elle s’est soldée par ce que tous les fans redoutaient, tout en sachant ce qui devait, inévitablement se produire. Norma Louise Bates (Vera Farmiga) est morte. Je ne vous dis pas comment, car je sais que j’en ai déjà trop dit, mais c’est une séquence pleine d’émotion.Pour Norma, ce crime est un événement charnière. Dans le déni, il a récupéré le corps de sa mère, l’a ramené à l’hôtel et s’apprête à poursuivre sa vie comme si rien ne s’était passé. Grâce à Norman, tous les fans de la série ont désormais une image atroce gravée dans leurs mémoires. Norma morte, allongée sur son canapé, les yeux maintenus ouverts grâce à des points de colle apposés sur ses paupières !

D’autre part, le décès de Norma a également mis un coup d’arrêt brutal à sa belle histoire d’amour avec Alex Romero (Nestor Carbonell). Si, à l’issue de l’épisode 9, le shérif de White Pine Bay était déterminé à mettre Norman derrière les barreaux, il a été rattrapé par la justice fédérale concernant la disparition de Bob Paris (Kevin Rahm) et placé en garde à vue pour parjure. Une fois de plus, Norman s’en sort sans ennuis.

Et enfin pour finir la saison 5, la saison a été rajouté un peu par surprise personne ne s’y attendait, on aurait très bien pu terminer par la saison 4 et la mort de Norma. Mais on avait bien envie quand même de savoir ce qu’allait devenir Norman. Va-t-il enfin se faire arrêter, soigner ou même tuer ?

Toute la saison se base sur la façon qu’a Norman de gérer la mort de sa mère. Jusqu’à la fin de la saison 4, les immersions dans l’esprit de Norman étaient rares, nous ne voyions que très peu le point de vue du jeune homme. Mais après la mort de Norma, les réalisateurs ont décidé qu’il était temps que les téléspectateurs voient ce que le protagoniste de la série perçoit au quotidien.

Dans cette saison, beaucoup de morts, toutes ces morts, mais également tous les événements divers et variés depuis le début de la série ne pouvait mener qu’à une seule et même fin : la mort de Norman.  Tuer son personnage principal n’est jamais une chose aisée, mais les scénaristes de Bates Motel l’ont fait avec brio. Aucune autre fin n’était envisageable, tant Norman était devenu instable, incontrôlable.

Malgré quelques moments intéressants, cette saison est bien en dessous des autres, les autres personnages comme Romero, Dylan ou bien encore Emma sont presque invisibles.

La scène finale restera tout de même gravée dans les mémoires, un dîner macabre magnifique empreint de frissons lorsque Dylan découvre le corps de sa mère attablé. Puis un dénouement tragique et émouvant, Norman retrouvant enfin et pour toujours sa mère dans la mort.

Oui, il était psychologiquement malade, oui, il était un assassin, mais j’ai quand même été ému quand il comprend “enfin” qu’il doit mourir pour que tout s’arrête et qu’il retrouve sa mère adorée de l’autre côté.

Une très bonne série à regarder.

Bates motel
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Article écrit par Tyxia

Passionnée de séries, de livres, de films, anciennement grosse gameuse sur console ( et oui j'ai sacrifié cette passion pour pouvoir faire le reste ), les journées sont trop courtes, tant de choses à découvrir...

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