Japanese Girls Never Die [Kinotayo #1]

Après avoir suivi de loin depuis quelques années le festival Kinotayo, j’ai enfin franchi le pas pour profiter des films proposés lors de cette 12ème édition. Pas autant que je l’aurais souhaité à cause des foutus travaux du RER A, mais bon! Je commence donc cette immersion dans le cinéma japonais avec “Japanese Girls Never Die” de Daigo Matsu.

On fait la connaissance de Haruko (Yû Aoi), une jeune Japonaise de 27 ans.  Elle habite avec ses parents et sa grand-mère et semble un peu paumée. Pas vraiment épanouie dans sa vie personnelle et sa vie professionnelle (elle est employée de bureau), elle semble chercher un sens à sa vie (et accessoirement un petit copain)!

Mais bien vite on va comprendre que la jeune femme a fini par disparaître sans laisser aucune trace. Elle va être prise comme modèle par 3 jeunes, Manabu (Shôno Hayama), Yukio (Taiga) et Aina (Mitsuki Takahata) qui vont s’improviser “street artists”. Ils vont peindre sa photo avec un “missing since 2015” un peu partout. Une façon pour eux de transgresser les règles et de se sentir “vivants”.

Le tout sur fond de violentes agressions réalisées par de jeunes lycéennes qui s’en prennent à des hommes qui se déplacent seuls.

Quel est le lien entre ces événements et qu’est devenue Haruko? A-t-elle décidé de fuir sa vie ou est-elle morte? Une question qui va obséder le spectateur tout le long du film et qui ne trouvera sa réponse que dans les toutes dernières minutes du film.

Mon avis

Japanese girls never die n’est pas un film policier contrairement à ce que l’on pourrait penser en lisant le pitch. C’est plutôt une plongée dans le Japon contemporain et sa jeunesse en perdition au travers de plusieurs personnages.

Not a blockbuster!

Japanese girls never die est un film exigeant! Pas question pour le spectateur de suivre paresseusement le film d’un oeil sous peine de perdre pied très rapidement! La structure narrative est totalement déconstruite! On suit en parallèle la vie de Haruko avant sa disparition et celle du trio formé par Aina, Manabu et Yukio. Le tout avec quelques flashbacks et certaines scènes qui vont revenir de manière récurrente pour apporter un nouvel éclairage à chaque fois. Dévoiler un nouveau pan autour du mystère de la disparition d’Haruko. Il faut donc suivre entre ces différentes trames et temporalités!

Le film est donc comme un puzzle dont on va obtenir les pièces au fur et à mesure. Dévoilant à la fois la vie de la jeune femme et des autres jeunes. Dévoilant leur quotidien, et leur façon d’y faire face.

Lost in translation

Coincés entre le désir d’une vie différente et la pression sociale, Haruko et les autres jeunes jeunes réagissent chacun à leur manière. Il y a ceux qui se la jouent en mode rebelle, comme Aina et ses deux amis tagueurs. Ceux comme Soga (Huey Ishizaki) qui se mettent en marge de la société, vivant d’un petit boulot qui lui permet malgré tout de subsister.

Et Japanese Girls Never Die prend le temps de nous montrer toutes les difficultés de ces vies. La difficulté à échapper au cadre de la société japonaise encore très rigide. On a par exemple le sexisme ordinaire (et insupportable) du patron de Haruko. Qui lui dit qu’elle doit s’habiller de manière plus féminine pour se trouver un mari, et ne pas finir vieille fille comme l’autre femme du bureau qui fait pourtant tourner la boutique dans l’indifférence et l’absence totale de reconnaissance. Mais les deux femmes n’en sont pas dupes et font contre mauvaise fortune bon coeur! Une sacrée résilience!

Si Aina, tout comme Yukio finalement, semble prendre tout cela en mode superficiel, dans le cliché de la Japanese girl et tout son attirail Kawai, on sent malgré tout l’envie d’échapper au modèle, au carcan, de la société japonaise. Tout en restant sur le cliché du mariage et de la femme au foyer par certains aspects.

D’autres, comme la bande de lycéennes bagarreuses décident de réagir de  manière bien plus violente. Elles renversent le rapport de force. Tant et si bien que la police diffuse des messages déconseillant aux hommes de sortir seuls la nuit pour ne pas se faire tabasser par la petite bande!  Un “renversement” de situation qui m’a interpellé en tant qu’homme. Qui rappelle que la peur éprouvée par de nombreuses femmes n’est pas normale. Et qui malheureusement donne un côté “universel” à ce film très “japonais”.

Au final

Je suis sorti assez décontenancé du Japanese Girls Never Die. Déjà parce que la structure narrative est exigeante, et ce jusqu’au bout du film. Et que le témoignage sur cette jeunesse qui se cherche entre modernité et traditionalisme est plutôt fort et âpre. Avec plusieurs facettes, plusieurs façons de réagir à tout cela. J’ai beau connaitre un peu le pays et sa culture, sa vision est assez noire et dure. Mais le film finit sur une touche lumineuse qui viendra apporter une note finale un peu adoucie.

Mais visiblement, le film a perdu en route certains spectateurs! Une dame derrière moi qui dit “Mais c’est qui cette fille qui a disparu?” à la fin de la séance n’a visiblement pas suivi grand-chose! J’ai beaucoup aimé Japanese Girls Never Die, mais je pense que le film est assez segmentant! Soit on apprécie comme moi être un peu bousculé par le film, par sa narration et son message, soit on bloque et on se retrouve vite perdu! A vous de voir dans quelle catégorie vous rentrez! Pour le moment, pas de date de sortie en France, mais les ayants droit Japonais sont persuadés que le film est “fait” pour la France (pas si évident). Il leur reste malgré tout à trouver un distributeur! 😉

8.5 Note GeeKroniques
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Article écrit par Mat

Mat, créateur et admin du site GeeKroniques. Grand fan de séries et de culture Japonaise, je vous parle de mes coups de coeurs et parfois de mes coups de gueule! Retrouvez également mes tutos informatiques sur mon autre site.

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