Person Of Interest, Saison 4

L’équipe de Person Of Interest est de retour ! Mais rien n’est simple pour eux ! Si la machine a réussi à les dissimuler aux yeux très inquisiteurs du samaritain, ils doivent faire profil bas. C’est facile pour Harold (Michael Emerson), choqué depuis que sa machine lui a demandé de tuer une personne, sa nouvelle vie de professeur d’université lui va bien. Reese (Jim Caviezel) quand à lui est maintenant inspecteur des stups, ce qui lui permet de continuer à massacrer du « bad guys », même si cela va lui valoir quelques séances de psy avec le Dr Iris Campbell (Wrenn Schmidt) auprès de laquelle il va s’ouvrir plus que prévu. Pour Sameen (Sarah Shahi), c’est  la catastrophe, elle est vendeuse de produits cosmétiques, un vrai cauchemar pour elle (et de bonnes tranches de rigolade pour nous). Root (Amy Acker) quand à elle, continue de servir d’agent de liaison avec la machine, et reste l’interface du deus ex machina !

Pendant ce temps, le samaritain continue sa purge méthodique pour éliminer tout ce qui peut le menacer : sociétés concurrentes, journalistes trop curieux,.. Sous l’égide de Reese, l’équipe va se reformer pour continuer à sauver des vies. Mais ils vont devoir rester dans l’ombre pour ne pas apparaitre sur les radars du samaritain et de ses agents. Pas si facile que cela, la discrétion n’étant pas le fort des gros bras de l’équipe.

Reese va devenir le coéquipier de Fusco (Kevin Chapman), et par la même occuper l’ancien bureau de Carter (tout un symbole), Finch va aménager une nouvelle base dans une ancienne station de métro. Malgré les succès enregistrés par le petit groupe (l’argent « confisqué » à un groupe terroriste par exemple),  ils sont malgré tout  dans une situation peu confortable. Mais ils restent le dernier rempart face à l’hégémonie programmée du Samaritain (qui porte bien mal son nom).

Une nouvelle « badass » va faire son apparition : Martine Rousseau (Cara Buono), c’est l’un des bras armé de Greer (John Nolan), le terrible patron de Decima. La blonde semble redoutable et va se mettre sur la piste de Sameen qui va devoir faire très attention. Le petit groupe semble sur le fil du rasoir et risque de tomber sous les coups de Decima à chaque instant…

D’autant qu’une autre menace indirecte se profile avec la fraternité (The brotherhood), un redoutable gang dirigée par Mini, un leader très ambitieux qui compte bien se débarrasser de Carl Elias (Enrico Colantoni), le boss de la pègre local. Vu les liens entre le groupe et Elias, ils pourraient bien faire partie des dommages collatéraux de cette guerre mafieuse!

Mon avis

Le changement de la donne amorcé en fin de saison 3 est enclenché. L’équipe doit désormais s’enfoncer encore plus dans la clandestinité pour continuer à opérer. Car cette fois, il n’est plus question d’opérer au nez et à la barbe du gouvernement, mais à celle d’une IA autrement plus redoutable. Reste que les forces en jeu sont totalement disproportionnées et c’est un véritable match de David contre Goliath version 2.0 qui s’engage ! D’autant que le Samaritain étend sa mainmise presque partout et qu’entre les mains de Greer, il devient un redoutable outils d’infiltration. De manière totalement masquée, Greer étend son pouvoir en plaçant des hommes acquis à sa cause à des postes stratégiques de manière indécelable, tout en éliminant les menaces détectées par son IA. On mesure ainsi toute la différence qui est faite de l’utilisation d’un tel outils. De l’IA intrusive, mais finalement bienveillante des 3 premières saisons, on passe à un outil complètement totalitaire et quasi indécelable.  Un véritable dictateur numérique dont Greer est l’éminence grise. Un sacré flip numérique!

« In the machine we trust » (ou pas!)

Alors que l’on pensait connaitre presque tout de la genèse de la machine de Finch, on apprend encore de choses. C’est le cas notament dans l’épisode 5 ou l’on découvre Finch tentant d’éduquer différentes versions de son IA pourqu’elle dispose du forme de moralité. Pas évident avec une machine qui raisonne sans ce genre de notions et qui se base froidement sur les faits. Et surtout que l’IA va chercher par tous les moyens à s’affranchir de son créateur, quitte à tenter de le tuer. Mais il finira par sélectionner une version dotée d’une conscience morale. Mais pour autant, il ne se fait pas d’illusions, si la machine les soutient, c’est uniquement par « intérêt » vis à vis de ses objectifs. Un avis que ne partage pas Root, toujours dévouée corps et âme à la machine qu’elle vénère toujours comme un être supérieur (ce qui est le cas dans un certain sens). Pour elle, la machine peut faire preuve d’empathie, elle tient à Harold et à son groupe. Une dichotomie qui étrangement va amener Harold et Root à se rapprocher.

Mais pour autant, leur perception des choses vont rester diamétralement opposée. Alors que pour Finch, chaque vie est précieuse et possède la même « valeur », pour Root, c’est le bien du groupe qui prime, quitte à devoir supprimer quelques vies pour le bien de tous. Chacun va tenter de convaincre l’autre du bien fondé de ses idées mais sans succès. D’ailleurs la série ne prends pas position quand à cela, elle expose les deux visions via les deux personnages, à chacun de faire son choix..

Person Of Interest continue à ne pas choisir la facilité et n’hésite pas à « sacrifier »  des personnages pour garder son côté réaliste. Tout comme la saison 3 nous mettait en deuil  avec le décès de carter, cette saison 4 réitère ce triste exploit lors d’un épisode 11 qui joue sur nos nerfs pendant 40 minutes et qui se finit sur la mort d’un des personnages. Au final, vu la situation, on se dit que l’on s’en tire à bon compte, mais le choc est rude. Mais le coup n’est pas porté à l’aveugle, car en parallèle, on a Finch qui lors de flashbacks inculque à sa machine les rudiments de jeu aux échecs et qui insiste surtout sur le fait que les êtres humains ne sont pas des pions. Et que toutes les vies sont aussi précieuses et ont la même valeur. Une vision et des valeurs qui sont encore plus d’actualité suite aux attentats de début Janvier.

Alors que la saison 5 n’est pas confirmée au moment ou j’écris ces lignes, la fin de saison clot un arc, comme si les scénaristes anticipaient une potentielle annulation. Ce dernier épisode nous livre également une conversation émouvante entre Finch et sa machine, chacun tentant d’aider l’autre à survivre. Une relation quasi symbiotique. Quand à la découverte des plans de Greer, elle fait encore plus froid dans le dos que ce que j’avais imaginé. Un jeu de dupe complexe qui va mobiliser les vastes ressources du samaritain.

Au delà des indéniables qualités de Person Of Interest, la série pose très intelligemment la question des IA et de l’usage que l’on peut en faire. On est très loin de la version finalement basique d’un terminator ou la création échappe aux humains pour les détruire. Ici, tout est bien plus réaliste et développé. Même si la menace et la puissance d’une IA reste clairement établie avec le samaritain, on a le pendant positif avec la machine de Finch qui a été « éduquée » par son créateur pour respecter la vie. Ici, pas de lois de la robotique façon Asimov, mais un apprentissage comme pour n’importe quel être humain. Mais finalement, outre cette nuance pertinente, c’est aussi la question de nos libertés individuelles qui est au coeur de Person Of Interest. Doit-on laisser une IA (ou pour le moment une organisation gouvernementale) fouiller dans notre vie numérique? Même si cela est dans un but « noble » au départ, on comprends bien vite que le but originel peut très vite être détourné. Alors que le terrorisme fait parler tristement de lui ces derniers temps, la question reste brûlante. Pour ma part, tout doit rester une question d’équilibre, qui reste délicate à trouver entre le respect de la vie privée des personnes et le renseignement nécessaire que doit exercer un pays pour se prémunir d’attaques envers lui (qu’elles soient physiques ou numériques). Bref, je souhaite de tout coeur que Person Of Interest soit renouvelée…

[amazon_link asins=’B01LC4VNV2,B01AII9NLA’ template=’grille3′ store=’chezmat-21′ marketplace=’FR’ link_id=’9ac0ad91-d80a-11e6-8a9b-8385d0bd4f9e’]

En commandant le DVD / Bluray avec les liens ci-dessus, GeeKroniques touche une commission qui permet de payer les frais du site (hébergement / nom de domaine). Merci de votre soutien!

8.5 Note GeeKroniques
0 Visiteurs (0 votes)
Ce que vous en dites Laissez votre évaluation
Trier par :

Soyez le premier à laisser une critique!

User Avatar
{{{ review.rating_title }}}
{{{review.rating_comment | nl2br}}}

Plus
{{ pageNumber+1 }}
Laissez votre évaluation

Envie de réagir? Dans ce cas, n’hésitez pas à le faire via les commentaires ci-dessous!
L’article vous à plu? Partagez-le sur les réseaux sociaux via les boutons juste au dessus. Si vous avez rédigé une critique, n’hésitez pas à laisser un lien vers votre article.
Si vous voulez être informé des prochaines critiques, abonnez-vous au flux RSS ou à la newsletter. Une application Android est également disponible!
width=

Article écrit par Mat

Mat, créateur et admin du site GeeKroniques. Grand fan de séries et de culture Japonaise, je vous parle de mes coups de coeurs et parfois de mes coups de gueule! Retrouvez également mes tutos informatiques sur mon autre site.

1285 articles

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.