Black Mirror : special christmas 2014

J’ai découvert il y a peu les deux premières saisons de Black Mirror, un petit bijou de récits anthologiques qui décortiquent notre rapport à l’image et ce qu’il pourrait donner dans quelques années grâce (ou plutôt à cause) des technologies. Un point de vue souvent grinçant, cynique ou même parfois flippant! Cet épisode spécial reprend en partie le concept évoqué dans l’épisode 3 de la saison 1 ou une puce nous permet d’enregistrer tous nos souvenirs. Ici, on franchit encore un pas puisque des implants oculaires et auditifs  permettent de contrôler tout ce que l’on peut voir..


L

‘épisode, intitulé « White Christmas » débute de manière étrange. On découvre deux hommes, Matt Trent (John hamm) et Joe Potter (Rafe Spall) dans une maison glaciale lors du réveillon de Noël. Les deux hommes semblent coincés loin de tout dans cette maison. On va découvrir le pourquoi du comment au fil de la discussion entre les deux hommes.

On va découvrir les Zed-eyes, les implants oculaires dont je parlais en introduction, dont l’une des capacités (outre la prise de photos ou de vidéos) est de pouvoir bloquer les gens avec qui on ne souhaite plus avoir de relation. La personne bloquée devient ainsi une silhouette blanche floue et qui ne produit plus qu’un bruit de fond incompréhensible. Et comment cette technologie a fait basculer la vie des deux hommes de façon bien différente..

Mon avis

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‘épisode fait plutôt dans la sobriété en terme d’effet et de jeu d’acteur, mais cela va plutôt dans le sens de renforcer le propos. Le voyeurisme reste au coeur du sujet avec John Hamm qui joue le rôle d’un coach / gourou, avec à sa disposition le Zed-eyes de ses client qui lui permettent d’interagir directement avec eux puisqu’il voit et entend ce que vit son client. Un coach invisible et super efficace. Sauf que cela va finir par (très) mal tourner! Mais contrairement à ce qu’il dit, on voit rapidement que le coach se transforme très vite en voyeur, la frontière entre les deux semblant bien mince! Une réalité finalement pas si éloignée de nous puisque l’on pourrait très bien imaginer faire la même chose avec un « client » équipé d’une paire de Google Glass qui transmettrait image et son à un « coach ».

La méthode de l’autruche 2.0 en quelque sorte!

Mais la dimension la plus marquante qui est introduite, c’est la négation de l’autre, le bannissement électronique que permet « le blocage » des zed-eyes. Car du coup, il bloque toutes les représentations de la personne bloquée, mêmes les photos ou vidéos sont concernées. Ou comment oblitérer de votre vie une personne inopportune en un clic.  Imparable, mais est-ce une réelle solution? Le passage ou Joe regarde des photos ou il pose avec sa compagne qui est devenue une silhouette floue est finalement très violent. D’autant que ce blocage ne peut pas être contourné. Et pire, imaginez-vous tentez de dialoguer avec une personne qui vous a bloqué, qui n’est plus qu’une silhouette floue, c’est extrêmement frustrant et là aussi très violent. C’est nier tout le pouvoir d’interaction sociale et intellectuelle entre deux personnes.

Mais si comme cela ne suffisait pas, l’épisode en remet une deuxième couche sur la négation d’autrui avec une autre invention, le cookie. Rien à voir avec les gâteaux bien sur, il s’agit d’une copie numérique d’une personne et que l’on va utiliser par exemple comme « majordome numérique » pour sa maison connectée. L’occasion pour nous de retrouver la belle Oona Chaplin. Si dans son cas, le double numérique est absolument consenti, on découvrira des cas ou cela sert à nuire à l’original (et pose du coup aussi par mal de question du respect de l’individu et de ses libertés).

Du coté des acteurs, on est content de retrouver John Hamm (Mad men, A young doctor’s notebook,..), toujours aussi à l’aise en baratineur! Il incarne un coach que l’on serait prêt à suivre sans hésiter! Même chose pour Oona Chaplin (GOT, Dates, Inside N°9) , même si ici son rôle reste assez peu important. A noter également la présence de Natalia Tena, vue dans Harry Potter (Tonk) et aussi dans GOT dans le rôle d’Osha, la sauvageonne. Évidement, habillée « normalement », on ne la remet pas forcément (pour ma part je remercie IMDB, sa tête me disait bien quelque chose, mais j’arrivais à savoir ou je l’avais vue).

black mirror

Ce qui est une fois de plus remarquable dans Black Mirror, c’est que les concepts technologiques sont amenés de manière claire et servent toujours à nous faire réfléchir à leur sujet. Il n’est pas ici question de nous en mettre plein les yeux (même si les effets minimalistes sont convaincants), mais de servir le propos de l’épisode. Avec toujours un petit twist final pour nous retourner la tête. Celui de White Christmas n’est pas totalement une surprise, on finit par l’anticiper un peu avant, mais cela reste bien bouclé et toujours trash et cynique. Bref, à ne pas rater!

 

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Article écrit par Mat

Mat, créateur et admin du site GeeKroniques. Grand fan de séries et de culture Japonaise, je vous parle de mes coups de coeurs et parfois de mes coups de gueule! Retrouvez également mes tutos informatiques sur mon autre site.

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