Independence Day : Resurgence

Quand on pense aux années 90, on peut aisément citer des films comme «Jurassic Park», «Matrix», «The Mask», «Fight Club» et des dizaines et dizaines de films de qualité. Personnellement, les années 90 contiennent également des films un peu moins cotés qu’on aime appeler «des plaisirs coupables». Il faut bien avouer que la décennie «sac banane» et «pogs», c’est aussi une période faste pour les films catastrophes comme les «Twister» et «Pic de Dante», mais également pour les invasions d’extraterrestres du type (3ème forcément) «Men Is Black» ou encore le burtonien «Mars Attack». Le mélange parfait de ces deux styles est «Independence Day», une madeleine de Proust pour l’adolescent des années 90 que je suis.

Independance Days, c’est de la destruction massive, un mélange d’effets numériques et de maquettes impressionnant pour l’époque et la naissance d’un acteur symbole de cette époque : Will Smith.Hollywood dans son accès de curiosité et d’innovation (tu la sens l’ironie là, mon gars!!) a décidé de relancer la machine «Independence Day» avec le seul pilote capable de gérer le bousin : Roland Emmerich himself. Emmerich ou le représentant ultime de ce type de cinéma avec «Godzilla» version Jean Reno, le toujours jouissif «Stargate» et quelques miettes de ce cinéma si marqué d’une époque qu’il a essayé de faire passer en fourbe au début des années 2000.
independence day resurgence
«Independence Day : Resurgence» nous place 20 ans après les événements du 04 juillet 1996 avec une humanité unie suite à la guerre face aux aliens. Une humanité qui va de nouveau devoir faire face à une nouvelle attaque venue de l’espace, encore plus spectaculaire et dangereuse…

SPEED DATING DU 3EME TYPE

«Independence Day : Resurgence» est ce qu’on appelle une uchronie, une réécriture de l’histoire de l’humanité qui prendrait sa source auprès les événements du premier ID. Une humanité unie suite à sa semi-destruction, associée pour étudier la technologie alien et qui a su en tirer bénéfice en terme d’armement et de défense de son territoire. Je dois dire que cette planète Terre post invasion d’insectes venus de l’espace a de la gueule: une femme présidente des USA, de vraies nations unies, des vaisseaux dans tous les sens, une technologie de pointe et la Lune en rampe de lancement pour des humains déterminés à se défendre si la moindre carcasse volante se pointe à l’horizon.

ID4, LE RETOUR

C’est aussi l’occasion de revoir les différents personnages avec qui nous avons vécu la première invasion, en effet, j’ai pris plaisir à retrouver le Président Whitmore bien que celui semble fatigué par les années (le personnage autant que son interprète Bill Pullman, ceci dit), le scientifique David Levinson avec un Jeff Goldblum qui cabotine à mort devenant presque la caricature ambulante de ce personnage si sur de lui qu’il a trop souvent interprété sur de nombreuses années, mais aussi les comics relief tel que le père de David, Julius, et le Dr Brakish Okun, le scientifique fou de service.

independence day resurgence

On a aussi des personnages qui ont grandi depuis 1996, les enfants du premier ID, le fils adoptif du capitaine Hiller, mais aussi la fille du président Whitmore devenue conseillère de la présidente des USA. Mais qu’est devenu le capitaine Hiller du coup?? Il est expédié en deux lignes de dialogues et relayé au rôle de simple icône du passé, Will Smith n’est donc pas de la partie pour botter du cul d’aliens comme il y a 20 ans. Le souci avec Will Smith, c’est que niveau charisme et figure du héros, la barre est assez haute. Emmerich a bien tenté d’associer Jessie Usher en «fils de» avec Liam Hemsworth en «frère de», mais je dois bien constater que l’association semble forcée et au final l’ombre de Smith semble aussi menaçante que celle de l’énorme vaisseau revenu sur Terre pour finir le sale boulot du 1er volet.

SAME PLAYER, AGAIN!

Niveau scénario, il faut se dire que c’est exactement la même histoire et la même structure narrative que le premier film, mais avec toute la surenchère et la démesure qui va avec. En gros, c’est le cinéma d’Emmerich qui aurait voyagé dans le temps et qui serait revenu parmi nous dopé aux hormones. La menace est plus forte, le vaisseau extraterrestre est plus gros, les aliens plus déterminés que jamais, les humains plus bêtes et patriotes qu’en 1996, je vous laisse imaginer le résultat… Les facilités scénaristiques sont encore plus voyantes qu’il y a 20 ans, les défauts de ce cinéma so 90’s semblent grossis à la loupe et le spectacle démesuré, mais palpable du premier laisse place à une créature boursouflée à la limite du ridicule. Dommage, car j’ai clairement apprécié le fan service, les possibilités de l’univers avec une ouverture vers un 3ème volet, mais aussi la maestria d’Emmerich pour jouer avec le gigantesque et la destruction gargantuesque!!

INDEPENDENCE BAY

Vous voulez des batailles de vaisseaux, des échanges de tirs lasers, des explosions à la chaîne, «Independence Day Resurgence» et Emmerich vont vous en servir au petit déjeuner, au déjeuner, au dîner, mais aussi au goûter. 2h01 de grand spectacle avec un budget de 200 millions qu’on voit entièrement exploité devant nos yeux. Je dois reconnaître qu’Emmerich maîtrise le rythme de son film en distillant les scènes d’actions avec brio et avec un confort de visionnage idéal. Je suis le premier à pester avec le manque de visibilité et de lecture de l’action dans les blockbusters actuels, j’ai été servi avec ce IDR qui ne m’a jamais perdu géographiquement malgré une image très sombre baignée de couleurs grisâtres pour représentées les humains et leur technologie hybride et verdâtre pour nous rappeler la présence alien sur Terre et dans le ciel.

La grande qualité du 1er «Independence Day» était la faculté de gérer plusieurs personnages à la fois, les faisant converger vers la zone 51 pour échafauder un plan afin de repousser l’ennemi. Dans cette suite, cette capacité est toujours présente avec cette même volonté de représenter les sexes, les sexualités mêmes, les différentes couches de la société américaine voir même mondiale avec un côté «2012» dans la présence chinoise (argument marketing certain), mais également représenter notre civilisation avec une démarche presque humaniste à la limite de la naïveté tellement représentative d’un cinéma qui n’a pas encore été marqué par les attentats du 11 septembre et la noirceur qui en a découlé sur les productions hollywoodiennes.

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WE ARE THE WORLD

Ce bon vieux Roland se paie même le luxe (ou la paresse) de faire référence au premier «Independence Day» avec des scènes miroirs que l’on identifie assez facilement, mais avec un plaisir complice très appréciable. «Independence Day Resurgence» ne cherche pas seulement à caresser le public chinois dans le sens du poil, nos amis russes et allemands sont représentés lors des conseils des nations de la Terre. On a même droit à une histoire qui fait voyager nos héros sur la Lune donc, mais aussi sur le continent africain avec des populations pas seulement pauvres et inutiles comme dans la plupart des films occidentaux, mais actives et importantes dans la lutte armée face à un ennemi commun. On peut également pousser un COCORICO de fierté avec une tour Eiffel épargnée par Emmerich à cause du contexte actuel tendu de notre pays (l’affiche française est donc totalement mensongère), mais aussi par la présence de Charlotte Gainsbourg en psychologue et ex-petite amie de ce vieux beau de Jeff Goldblum. Enfin, une Charlotte Gainsbourg à l’image du film, qui en fait trop et qui n’a pas ou plus sa place dans la jungle des blockbusters actuels.

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À voir? Ce qui s’est passé en 1996, doit rester en 1996… Je suis méchant, mais je dois quand même avouer que le père Emmerich sait y faire dans la démolition et l’invasion mondiale même après 20 ans de cinéma.

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4.5 Note GeeKroniques
3 Visiteurs (1 vote)
On a aimé
  • L'évolution du monde après les événements du 4 juillet 1996.
  • Le fan service à gogo !!
  • La capacité d'Emmerich pour donner vie à la catastrophe et au gigantisme à l'écran.
On a pas aimé
  • Ce qui marchait bien en 1996 marche beaucoup moins en 2016.
  • Aucune prise de risque dans la structure narrative, seulement de la surenchère.
  • Charlotte Gainsbourg qui semble s’être perdue en chemin...
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Article écrit par Anthony

Grand consommateur de films, mais attention : j'aime la qualité!!! SF, fantastique, action, réflexion, comédie, français, étranger, drame, biopic, etc, etc, ... du moment que c'est fait avec le cœur et non avec les pieds!!!

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