Eddie The Eagle

Et si les véritables super-héros étaient des gens comme vous et moi?… Vous avez 4 heures! Une question que les grands studios de cinéma ne prennent même pas le temps de lire quand on voit ce qu’ils nous balancent en salles en ce début d’année avec la fausse guerre civile de chez Marvel ou encore l’opposition boursouflée entre le vengeur de Gotham et le christique enfant de Krypton. Cette semaine nous allons être beaucoup plus terre à terre même si je vous propose de vous élancer d’un tremplin de saut à ski pour parler d’«Eddie The Eagle».

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«Eddie The Eagle» est un biopic qui s’inspire de la vie de Michael « Eddie » Edwards qui n’a qu’un seul objectif dans la vie depuis sa plus tendre enfance: participer aux Jeux Olympiques!!!

UN ANORAK, UN VERRE DE LAIT ET BEAUCOUP DE GAMELLES

Eddie est un petit garçon très attachant, rêveur et très naïf. Nous faisons sa connaissance dans une banlieue résidentielle de la classe moyenne anglaise avec toute la simplicité et toute la chaleur qui va avec. Eddie y vit avec une mère aimante qui laisse son fils s’exprimer et vivre ses propres aventures et un père plus rationnel qui rappelle toujours à Eddie la dure et triste réalité de notre monde. Notre petit garçon a toujours eu pour rêve et ambition de participer aux Jeux Olympiques, quelque soit le sport, quelques soient les difficultés même si une carrière internationale de plâtrier lui tend plus les bras que celle de champion d’athlétisme… Les années passent, Eddie grandit, mais son objectif reste entier et prend même de plus en plus de place dans la vie de notre champion en herbe notamment par le biais des sports de glisse et de neige et les Jeux Olympiques d’Hiver. Les portes se referment sur le nez et les nombreux binocles du jeune Edwards même si sa dernière chance se dessine à travers le saut à ski et un périple en Allemagne.

Eddie, devenu un jeune homme de 22 ans et interprété par le très prometteur Taron Egerton, doit apprendre le saut à ski alors que celui-ci ne l’a jamais pratiqué. Il se rend dans un des hauts lieux de l’entraînement de cette discipline sportive exigeante à Garmisch en Allemagne et va connaître de nouvelles difficultés techniques, physiques, mais aussi les railleries des autres champions présents en bas des pistes et des tremplins de 15, 40, 70 et 90m. Avec sa simplicité et sa gentillesse presque exaspérante, Eddie va faire la connaissance d’un ancien champion de la discipline, Bronson Peary, interprété par celui qu’on ne présente plus: Hugh Jackman. On se retrouve face à une narration très classique et prévisible dans laquelle la relation Eddie/Bronson va en être le moteur. On a droit à une rencontre improbable, des affrontements sur la façon de pratiquer le saut à ski et les exigences qui vont avec mais aussi à la naissance d’une belle amitié à travers des confidences, une montée en puissance d’Eddie grâce aux entraînements de Bronson. Une histoire touchante qui portera nos deux amis jusqu’aux Jeux Olympiques de Calgary en 1988.

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Le duo Jackman et Egerton est vraiment la bonne surprise de ce long métrage, leurs interactions semblent naturelles et on sent réellement le plaisir pris par ses deux acteurs lors du tournage. Imaginez Hugh Jackman avec une coupe en brosse dans un personnage un poil bourru, porté par l’alcool qui m’a rappelé son interprétation de père peu présent dans la vie de son fils dans «Real Steel». Il campe ici le rôle du champion déchu qui a gâché sa carrière et qui va servir de modèle et de conscience à un Eddie naïf, presque aveugle face à la difficulté de la compétition à haut niveau, mais aussi face au poids des institutions sportives nationales et olympiques. Bon et ce Eddie, il vaut quoi alors? Taron Egerton casse complètement son image de beau gosse tête à claques tellement jouissif dans «Kingsman» et nous propose une incarnation fidèle d’Eddie l’aigle jusqu’au faciès même du champion britannique avec son menton en avant, ses problèmes de vues et sa tête dans les épaules. Petit bémol quand même, les mimiques de jeu d’Egerton ne sont pas toujours bien tenues sur les 1h45 de film, on se retrouve plus face à Taron qui singe le champion que face à un acteur qui nous fait oublier sa propre identité. On frise même parfois le ridicule même si… il respecte complètement l’attitude et comportement de vrai Michael Edwards.

L’IMPORTANT DANS LA VIE, CE N’EST PAS LE TRIOMPHE MAIS LE COMBAT

Encore une belle citation de Pierre de Coubertin et de sa vision de compétition sportive et des Jeux Olympiques, «Eddie The Eagle» c’est l’esprit de Coubertin, mais au cinéma. Produit par Matthew Vaughn pour un budget 23 millions de dollars (en France pour ce budget là, vous avez… «Les Visiteurs») et réalisé par Dexter Fletcher que l’on connaît surtout pour sa carrière d’acteur, «Eddie The Eagle» est un excellent feel good movie qui pourrait se résumer par un mélange improbable entre «Forrest Gump» pour le coté attachant et naïf de son héros, mais aussi «Rasta Rockett» pour le coté looser magnifique et parce que ces deux histoires prennent place lors des mêmes jeux olympiques. D’ailleurs la narration entre «Rasta Rockett» et le dernier film de Fletcher est assez semblable dans sa construction mais aussi dans l’écriture des personnages. Est-ce vraiment un défaut? Non surtout quand le tout est bien fait et respectueux d’un destin d’Eddie avec des messages forts d’abnégation, de courage et la notion d’aller au bout de ses rêves malgré les difficultés et les critiques.

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Ce film est loin d’être une claque de réalisation, mais il y a quand même de très bonnes choses dans cette mise en scène, c’est simple, direct et terriblement naïf…. à l’image de son personnage central. On a quand même droit à des scènes très immersives lors de sessions de sauts à ski avec de bonnes sensations de vitesse et de danger à grand renfort de gros plans pas toujours avantageux pour les acteurs mais qui ont du sens quand on observe bien les interactions entre les différents protagonistes et leurs ambitions personnelles. Mention spéciale à la scène alcoolisée où Hugh Jackman en jeans et clope au bec se lance du tremplin des 90m pour effectuer un saut magnifiquement kitch. On peut noter aussi les différences de teintes de l’image quand nous sommes face à un Eddie jeune dans les années 70, une image noyée dans les nuances jaunâtres, et l’ambiance flashy des années 80 de notre Eddie adulte. D’ailleurs, le film pue et transpire les années 80 à tous les niveaux pour mon plus grand bonheur!!! Coupes de cheveux, vêtements colorés en nous en faire péter le rétine et surtout une bande-son qui donne la banane («donner la banane», une expression très 80’s quand même) avec des synthétiseurs omniprésents, des percussions électroniques et des rifts de guitares endiablés.

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A voir? Un excellent feel good movie en témoignage d’un grand champion «Eddie The Eagle», un film sans prétention à part celle de nous donner le sourire, de nous plonger dans le charme des années 80 mais aussi dans l’esprit olympique de ce bon vieux baron de Coubertin.

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6 Note GeeKroniques
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  • Un excellent feel good movie à l'esprit Olympique.
  • Un duo gagnant composé de Hugh Jackman et Taron Egerton.
  • Une plongée dans les années 80 très rafraîchissante.
On a pas aimé
  • Une narration trés balisée et donc prévisible.
  • Egerton qui singe parfois Eddie Edwards.
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Article écrit par Anthony

Grand consommateur de films, mais attention : j'aime la qualité!!! SF, fantastique, action, réflexion, comédie, français, étranger, drame, biopic, etc, etc, ... du moment que c'est fait avec le cœur et non avec les pieds!!!

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