WEI or DIE

France 4 et ses nouvelles écritures sont en constante recherche d’innovation en terme de contenu à diffuser et fait une large part à l’expérimentation. C’est dans cet esprit qu’est né le projet un peu fou de WEI or DIE! Un projet qui aura mis plus de 3 ans à se concrétiser! L’idée est de proposer au spectateur d’être acteur de l’histoire et de choisir un point de vue parmi ceux qui lui sont proposés.

WEI, c’est un Week-End d’Intégration, entendez par là le bizutage des premières années d’une école de commerce. Sauf que les excès en tout genre vont se terminer tragiquement par le décès d’un des participants. A son arrivée, la police confisque toutes les caméras et téléphones portables. A partir de ces supports, une timeline est reconstituée et vous pouvez “zapper” d’une source à l’autre (entre 2 et 5 sources proposées en fonction des passages).

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Petit à petit, on va progresser dans le déroulement de la journée, de l’arrivée des participants, aux activités de la journée puis à la fête débridée de la soirée. Techniquement, c’est assez bluffant, on passe d’une source à l’autre sans aucune interruption, c’est très fluide. On est vraiment dans le rôle d’un réalisateur qui sélectionne les différentes caméras à tout moment pour réaliser son propre film.

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Fiche Technique :

  • Une production Résistance Films, Cinétévé et France Télévisions Nouvelles Ecritures
  • Réalisé par  Simon Bouisson
  • Ecrit par Olivier Demangel et Simon Bouisson
  • Durée : 45 min (environ 90 min si vous regardez l’ensemble des séquences)
  • pages Facebook et Twitter.

La rencontre avec l’équipe

J’ai eu la chance de voir WEI or DIE en avant première chez France Télévision la semaine dernière et de rencontrer Simon Bouisson, le (jeune) réalisateur et une partie de l’équipe. Je connaissais pas Simon, mais c’est aussi lui qui a réalisé Tokyo Reverse que je n’ai toujours pas vu mais qui visiblement a beaucoup fait parler (en bien). C’est Simon qui a joué le G.O et piloté la diffusion du film (45 minutes en tout) en choisissant pour nous les différents passages.

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pic-080 Le projet a été compliqué à écrire (on se doute) et le scénario revu à de nombreuses reprises! Il a utilisé un système de scénarios avec des colonnes pour écrire les différentes trames. La plupart des scènes étant tournées séparément (sauf l’arrivée au WEI et une partie de la soirée), il a fallu tout minuter précisément pour tourner chacune des scènes les unes après les autres. Au final, l’alchimie est réussie, on a une trame globale “imposée” puis ensuite des sous-intrigues que l’on peut suivre ou pas. On est dans une logique assez proche du jeu vidéo, je pense notamment à Final Fantasy ou on doit faire un certain nombre de quêtes “obligatoires” dans la trame globale, et qui est complétée par des missions facultatives qui permettent de récupérer des objets ou simplement de l’expérience. Ici, on peut faire pareil, visionner une fois le film et s’arrêter là ou le refaire pour revoir tous les petits morceaux que l’on a pas vu du premier coup. Une liberté inédite dans une fiction qui a nécessité à Agence Keblow de développer des outils sur mesure pour mettre à disposition des internautes ce concept inédit.

pic-074Le début du film est filmé avec les éléments que l’on voit (petite caméra numérique, téléphone portable), mais lorsque l’on arrive dans la soirée, la faible luminosité ne permet plus d’utiliser ces appareils. Ce sont donc des caméras pro qui prennent le relais à ce moment-là, mais sans que l’on s’en rende forcément compte, les réglages étant modifiés pour apporter un grain et une tonalité qui ressemble à celui d’un téléphone portable. Reste que faire bouger une grosse caméra professionnelle comme une téléphone portable se révèle parfois compliqué!

Parmi les jeunes comédiens, les fans de “Fais pas ci, fait pas ça” (dont je fais parti) auront reconnus Tiphaine Haas (qui joue le rôle de Soline Lepic). Pour les autres visages, cela reste une découverte pour ma part. Mais j’avoue que tout ce petit monde joue de manière plutôt convaincante, on est finalement plus dans le registre documentaire (voir parfois mockumentary) que dans la fiction. D’ailleurs de l’avis de Simon, certaines scènes de la fête ont été tournées en mode improvisation (sans cadre précis) et il semble que tout le monde se soit prêté au jeu! A tel point que tous ont quittés le tournage à regret!

Comme le souligne Simon, la musique accompagne de belle façon l’histoire! J’avoue ne connaître aucun des musiciens (Ateph Elidja – Superpitcher – Chloé -Paul Kalkbrenner –  The Supermen Lovers), mais tout cela contribue à la réussite du résultat final!

A l’issue de la projection, j’en profite pour glisser une question :

“Pourquoi avoir choisis un WEI comme trame de fond? Pourquoi pas un autre sujet”?

La réponse de Simon est sans appel! Pour lui, seul un WEI, qui condense plein de choses et de gens dans espace temps réduit permet d’offrir assez de matière à ces trames multiples. Chacun est à la recherche du Buzz, de la photo choc qu’il pourra exhiber en cours la semaine d’après. D’autres sujets n’auraient pas eu la densité suffisante. Ludovic Zuili, le chef op et complice de longue date de Simon, rappelle qu’ils avaient envisagé de placer l’intrigue durant un mariage qui offre lui aussi plein de possibilités, mais pour Simon, la mort de l’un des convives reste moins crédible dans ce contexte. Bref, on sent que tout cela a été mûrement réfléchi!

Au final

Une sacré révolution dans la façon d’appréhender la fiction en vidéo! Le spectateur, habituellement passif devant son écran devient un acteur à part entière de ce qu’il regarde! Un concept uniquement possible grâce au web qui permet cette nouvelle interaction. Je suis sorti séduit de ma séance! Un seul petit regret malgré tout, j’ai parfois eu un sentiment de malaise sur certaines scènes un peu trop racoleuses à mon goût (même si en phase avec le contexte). Reste que le concept est intrinsèquement voyeuriste, difficile donc de lui faire un procès d’intention à ce sujet (ce qui n’est pas mon intention)!

Moi qui peste souvent contre la fiction française et sa fâcheuse tendance à ne pas innover et à tenter de copier maladroitement le modèle US, je dois dire que ces dernière années m’ont apportés plein de lueurs d’espoirs! Que cela soit du coté des webséries, ou de jeunes auteurs comme le duo Samuel Bodin / Alexandre Philip (Lazy Company), Julien Mokrani (projet Les sentinelles), ou sur cet exemple Simon Bouisson, on sent une relève bouillonnante et pleine de créativité!

Bref, allez voir WEI or DIE pour vous faire votre opinion et laissez-moi votre retour ici ou sur les réseaux sociaux!

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Article écrit par Mat

Mat, créateur et admin du site GeeKroniques. Grand fan de séries et de culture Japonaise, je vous parle de mes coups de coeurs et parfois de mes coups de gueule! Retrouvez également mes tutos informatiques sur mon autre site.

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