Philip K. Dick’s Electric Dreams, Saison 1

Plus que jamais, Philip K. Dick reste une source d’inspiration qui semble quasi inépuisable pour le cinéma et la télévision. Alors que Blade Runner 2049 divise la critique, Channel 4 propose une série anthologique, Philip K. Dick’s Electric Dreams, basée sur l’univers de l’écrivain américain (Electric Dream est par ailleurs un clin d’oeil à Do Androids Dream of Electric Sheep?, le roman qui a inspiré le film Blade  Runner). C’est parti pour 10 épisodes!

Les épisodes

Les épisodes sont listés selon leur ordre VO, les épisodes en VF ont été diffusés dans un ordre différent. Pas gênant pour de l’anthologie. Mais quelle idée saugrenue de la part d’Amazon..

A noter, la série  est notamment produite par Ronald D. Moore (Battlestar Galactica),et Bryan Cranston (qui joue d’ailleurs dans l’un des épisodes). 

1 – The Hood Maker

L’agent Ross ( Richard Madden) et Honor (Holliday Grainger)

Un régime répressif utilise les pouvoirs télépathiques de mutants, les Teeps, pour éliminer ses opposants politiques. L’apparition d’une cagoule capable de bloquer la lectures des pensées par les Teeps va provoquer des craintes au sein du régime et chez les Teeps. La chasse au créateur de cette cagoule est alors lancée.

Basé sur la nouvelle “The Hood maker” publiée en 1955.

2 – Impossible Planet

Norton (Jack Reynor) et Irma (Geraldine Chaplin).

Deux employés désenchantés du tourisme spatial accèdent à la demande d’Irma (Geraldine Chaplin ), une riche dame âgée : organiser une voyage vers une planète disparue, la Terre. Alors qu’ils se dirigent vers une autre planète qu’il font passer pour la Terre auprès de la vieille dame, les remords rongent l’un des employés. 

Basé sur la nouvelle “The impossible planet.”

3 – The Commuter

Ed (Timothy Spall)

Ed (Timothy Spall), un employé ordinaire d’une gare tout aussi ordinaire découvre que des passagers prennent le train pour une station qui ne figure sur aucune carte. Piqué par la curiosité, il va tenter d’en découvrir plus! Il va alors se rendre compte que si aucune station n’existe, les gens descende du train en marche pour se rendre dans la ville de Macon Heights. Une ville utopique ou tout le monde semble heureux. Il va alors découvrir qu’il peut ici avoir une vie meilleure. Mais ce qu’il va comprendre ensuite, c’est que cela va bouleverser sa vie. Pour le meilleur et pour le pire!

Un épisode poétique porté avec brio par Timothy Spall et son éternel aspect de petit homme dépassé par les événements!

Basé sur la nouvelle “The Commuter” publiée en 1953.

4 – Crazy Diamond

Ed Morris (Steve Buscemi)

Ed Morris (Steve Buscemi) travaille dans une unité de production d’humanoïdes artificiels, les Jacks and Jills. Des réceptacles de chair et de sang animés par une intelligence artificielle, la “quantum consciousnesses” (QC). Rien ne les distingue des humains normaux si ce n’est une durée de vie bien plus courte. Ed va être abordé par une femme qui s’intéresse de près à son travail. Il va finir par réaliser qu’elle est un autre modèle d’humanoïde et qu’elle est à la recherche d’une QC afin de prolonger sa vie.

L’épisode aborde à sa façon les mêmes thématiques que celle de Blade Runner et ses réplicants. Un épisode qui vaut surtout pour la présence de Steve Buscemi. Car coté intrigue, c’est assez convenu.

Basé sur la nouvelle “Sales Pitch” publiée en 1954.

5 – Real Life

Georges (Terence Howard)

Sarah (Ana Paquin) , une femme flic tente d’oublier ses problèmes et ses traumatismes. Elle va prendre des vacances “virtuelles” et se retrouver dans la peau de Georges (Terence Howard). Un millionaire qui joue les justiciers. Alors qu’elle passe de l’une à l’autre univers, la frontière entre le réel et le virtuel va peu à peu devenir floue.

D’autant que les deux univers partagent certaines références communes. Katie (Rachelle Lefevre) est à la fois la petite amie de Sarah et la femme assassinée de Georges.

Une histoire très classique, sur la perception du réel et du virtuel. Avec une fin forcément surprenante qui du coup ne l’est absolument pas. Reste le plaisir du cast fort sympathique, dans lequel on compte aussi la “sherlocked” Laura Pulver !

Basé sur  la nouvelle “Exhibit Piece” publiée en 1954.

6 – Human is

Le colonel Silas Herrick (Bryan Cranston)

Ce sixième épisode est donc le fameux épisode ou joue Bryan Cranston qui est aussi producteur de la série. Le colonel Silas Herrick (Bryan Cranston donc), un militaire peu amène doit repartir en mission sur la planète Rexor IV pour récupérer une substance indispensable à la survie de la terre. Sa femme Vera (Essie Davis) avec qui il n’entretien qu’une relation pour les apparences vit ce départ presque comme un soulagement!

Mais alors que la mission semble être un fiasco total, le vaisseau fini par revenir sur terre, avec deux survivants. L’un d’eux est le colonel. Mais il n’est plus le même homme.

Si Cranston excelle à jouer les salopards, j’ai trouvé l’épisode poussif. Surement parceque l’histoire sent le deja-vu et fait quelque peu old school pour les amateurs de SF. Dommage de “gaspiller” de bons acteurs pour une histoire aussi tiède.

Basé sur la nouvelle “Human Is” publiée en 1955.

7 – The Father-thing

Le père (Greg Kinnear) et la mère (Mireille Enos) de Charlie

Un couple à la dérive sur le point de se séparer. Charlie, leur fils de 11 ans, passionné de base-ball n’est pas dupe de la situation. Il est très proche de son père. Mais un soir tout va changer. Son père va changer. Charlie va alors commencer à se rendre compte que son père n’est pas le seul a avoir changé…

Un récit d’invasion alien assez classique si ce n’est le point de vue de Charlie. Mais c’est loin d’être suffisant pour sauver cet épisode qui ne restera pas dans les mémoires.

Basé sur la nouvelle “The Father-thing” publié en 1954.

8 – Autofac

Emily (Juno Temple )

Autofac, pour “Automatic Factory”, autrement dit, une usine autonome dirigée par une IA. Cette usine règne en maître autoritaire sur la poignée de survivants humains. Ils sont quelques communautés éparpillées, derniers remparts de l’humanité subsistants 20 ans après un holocauste nucléaire.

Mais si Autofac alimente de manière incessante les humains par des livraisons en drones, elle brûle les ressources et pollue la terre. Un petit groupe décide de stopper Autofac afin de préserver la terre et les derniers humains.

Autofac et son intrigue à tiroir est plutôt réussie. Alors que l’on croit très vite avoir compris ou l’épisode veut nous emmener, on va enchaîner les surprises et rebondissements!

Basé sur la nouvelle “Autofac” publiée en 1955.

9 – Safe and sound

Irene (Maura Tierney) et sa fille Foster

Dans cet avant dernier épisode, une histoire dystopique comme les affectionne Philip K.Dick. Une politicienne engagée, Irene Lee (interprétée par la talentueuse Maura Tierney que l’on ne voit pas assez souvent), vient s’installer dans une ville avec sa fille Foster. Irene passe son temps à rabâcher à sa fille que le gouvernement manipule l’information et qu’elle doit se méfier.

Mais malgré cela (ou à cause de cela), Foster va se retrouver prise dans un engrenage périlleux. Si l’on sait pertinemment que l’histoire va mal finir, on est happé par l’intrigue noire et cynique. La candide Foster va n’être qu’un pion. Un sujet tout à fait d’actualité en cette période de “Fake news” et de manipulation de l’opinion publique. Une belle démonstration du “Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux”.

Basé sur la nouvelle “Foster, You’re Dead!” publiée en 1955.

10 – Kill all others

Un futur à l’ambiance utopique qui va virer dystopique! On y suit un brave travailleur qui va mal réagir aux stimuli envoyés par une candidate aux élections. Il va être choqué par le message pas vraiment subliminal qui dit “Kill all others” (“tuez tous les autres”). Mais il semble être le seul à s’en soucier, sa femme (jouée par Sarah Baker vue dans un épisode de Louie) et ses collègues ne le comprenne plus.

On est encore dans le cynisme et la noirceur à la K. Dick. Ceci étant, l’épisode est un peu long et la vision du futur un peu datée (pour ne pas dire vieillotte).

Générique

Le générique fait un clin d’oeil direct à Philip K. Dick, puisque l’androide barbu que l’on aperçoit à la toute fin est le sosie cybernétique de l’écrivain!

Au final

Comme toute série d’anthologie, Electric Dreams alterne les bons épisodes et les moins bons! Un défaut malheureusement inhérent au genre!

Je recommande pour ma part les épisodes Autofac, Safe and sound et The Commuter. Les autres sont assez dispensables finalement. Ce qui fait un bilan assez maigre (3 sur 10). C’est lié à la fois à la qualité intrinsèque des épisodes, mais aussi au matériel de base. Les nouvelles de K. Dick commencent à dater un peu (années 1953-55 tout de même). Et du coup elles sont parfois un peu vieillottes. Ou parfois tellement réutilisées qu’elles laissent un gout de “déja vu“. Il faut dire que l’écrivain alimente depuis déjà pas mal de temps le cinéma et la télévision avec ses écrits.. 🙂

Car malgré tout l’amour que je peux avoir pour l’auteur, adapter du K. Dick n’est peut être pas / plus forcément pertinent! Ses thématiques, si elles restent pertinentes ont déjà beaucoup été exploitées (par lui ou d’autres), et peinent à surprendre / embarquer les spectateurs. Sauf à être très fan de SF et / ou de SF “old school”. Et qu’il faudrait sans doute aller voir du coté de la seconde vague d’auteurs cyberpunk pour faire avancer le sujet sur le petit écran. Je pense notamment à William Gibson. Ceci dit on a eu droit à Altered Carbon cette année sur Netflix (qui était plutôt assez réussi).

Voir carrément à piocher dans les “sous-genre” du cyberpunk très largement sous exploités, comme le steampunk qui reste encore assez peu connu du grand public (et c’est fort dommage). Mais quand il est question de SF, c’est souvent compliqué de financer des projets, surtout sur des thématiques loin du grand public.

Une série plutôt à réserver aux inconditionnels  de SF, les autres risquent de bailler assez souvent. J’ai trouvé cette saison 1 de Electric Dreams comparable à la saison 4 de Black Mirror. Ce qui n’est pas vraiment un compliment.. 🙁

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Article écrit par Mat

Mat, créateur et admin du site GeeKroniques. Grand fan de séries et de culture Japonaise, je vous parle de mes coups de coeurs et parfois de mes coups de gueule! Retrouvez également mes tutos informatiques sur mon autre site.

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