Les Bougon- image Paul et Fred

Les Bougon (Version Québécoise)

Le bien contre le mal, les bons contre les mauvais, les riches contre les pauvres … Voilà ce qui est en général une base de développement d’histoires fictives utilisées par le cinéma et la télévision. Vous conviendrez que pour 9 cas sur dix, c’est d’ailleurs le bien qui l’emporte contrairement aux réelles histoires de nos vies quotidiennes. De l’autre côté de l’Atlantique, le pays des caribous a misé en 2004 sur un joli diamant télévisuel à contre-courant : « Les Bougon, c’est aussi ça la vie ! ». Cette série canadienne, couramment simplifiée par « Les Bougon » est une satire de la société québécoise diffusée entre 2004 et 2006 au Québec. Elle est l’une des quelques séries que j’ai plaisir à regarder de nombreuses fois.


La famille Bougon devant la tv

En tant que série québécoise, elle a été tournée en français du Québec, ce qui fait en grande partie son charme. Vous voyez surement où je veux en venir, la principale difficulté que vous rencontrerez sera la barrière de la langue. Alors oui les Québécois parlent français, mais leur accent, leurs expressions et leurs nombreux anglicismes vous rebuteront à coup sûr. Il vous faudra donc user de patience pour que vos oreilles s’habituent à cette nouvelle mélodie et que votre cerveau comprenne cette langue. N’hésitez pas à utiliser les quelques dictionnaires de français québécois du net pour vous aider parce que le jeu en vaut la chandelle. Si vous disposez des dvd de la série, vous trouverez des sous-titres en français de France, mais personnellement, je trouve que cela gâche le charme de la série et n’apporte finalement pas grand-chose.

Autant le dire tout de suite, les Bougons sont des cas sociaux et sont loin de s’exprimer dans un langage soutenu. Il faudra donc rapidement vous habituer à leur langage très familier. Les personnages tant principaux que secondaires sont plutôt caricaturaux sans toutefois tomber dans l’excès. Leurs vies, qui d’un premier abord peut sembler aux antipodes des nôtres, ne s’avèreront en réalité pas si éloignée. Si les protagonistes sont peu instruits et ont des vies quotidiennes peu reluisantes, ils n’en restent pas moins attachants et touchants parce qu’humains. En combattant les préjugés par les préjugés, Les Bougon ne peuvent pas laisser sans réaction le spectateur. Le cliché de l’assisté social qui y est présenté a d’ailleurs été très discuté au Québec.

La série, terminée en mai 2006, compte trois saisons inégales, tant en qualité qu’en quantité, pour un total de 50 épisodes de 23 minutes. N’oubliez pas de regarder le générique de fin jusqu’au bout : il y a systématiquement une scène de 5 à 10 secondes qui le suit pour clôturer l’épisode.

L’Histoire

Paul Bougon était un citoyen lambda. Il avait un travail grâce auquel il nourrissait et logeait sa famille. Mais un jour il fut licencié, fautif d’une trop grande honnêteté. Pas rancunier pour deux sous, il décida de quitter le système. Depuis sa famille montréalaise vit sur le BS (Bien-être social – sorte de caisse d’allocations familiales) et gagne sa vie en fourrant le système, les riches et les crosseurs qu’ils considèrent comme des pourris (En Québécois : Fourrer = exploiter, duper ; Crosseur = crapule, magouilleur).

les-bougon-c-est-aussi-ca-la-vie

La série va donc suivre la vie de la famille Bougon qui sera tout sauf un long fleuve tranquille. La tribu est composée du patriarche Paul Bougon, la cinquantaine, détenteur d’un trophée récompensant sa passion pour la descente de bière. Sa femme Rita, grande adepte de la cigarette, le surnomme « le gros ». Jamais la dernière pour monter de nouvelles magouilles, elle est une mère très protectrice avec ses trois enfants. Puisqu’on en parle, Dolorès (Dodo pour les intimes) la trentaine, pratique son métier très physique à domicile. Chaque matin, après un petit contrôle de routine de la tuyauterie, ses clients quittent sa chambre. C’est un gag récurrent de la série que j’adore. Junior quand à lui est un voleur ultra qualifié qui à l’instar d’Obélix n’est pas gros ! Il est mal dans sa peau et rêve désespérément de trouver l’amour. Enfin, Mao le dernier enfant de la famille est un jeune chinois adopté. Au contraire de ses deux aînés, Mao est intelligent, cultivé, aime l’école et est très doué en informatique. Il idolâtre son père. Viennent compléter cette liste, Ben Laden. C’est le chien de Paul et son enfant préféré. Fred Bougon, le frère de Paul, est toujours honnête. Il cherche durablement sa place autant dans la famille que dans le système qui ne veut pas de lui. Pépère, le père de Paul et Fred, est un vieil homme paralysé. Enfin, Chabot (prononcer le t) est le meilleur ami de Paul et accessoirement un flic corrompu.

Saison 1 : La saison de l’insouciance / 13 épisodes

Ma préférence à moi. Chaque épisode est (presque) indépendant ce qui sert particulièrement bien le but satirique de la série. Chacun aborde un ou plusieurs thèmes avec peu de redondance. Mais elle ne s’arrête pas là puisqu’elle a aussi un but divertissant en usant régulièrement de comiques de situation et d’un humour parfois gras.

Les sujets n’en sont que plus variés et légers. Sont abordés entre autres le commerce, la politique, l’alimentation, le système de santé, la protection de la jeunesse et l’ésotérisme. Chaque épisode apporte son lot d’émotions tant positives que négatives et peut faire réfléchir si tentait que l’on en a envie. Le fait de ne pas être québécois n’est pas rédhibitoire. Certes certains thèmes comme le système de santé ne sont pas vraiment comparables, mais beaucoup d’autres s’appliquent également à notre quotidien.

Les Bougon image de Dodo Cocorico

Durant les 13 épisodes de cette saison, la série passera peu de temps à développer ses personnages. En revanche, elle les placera dans de multiples situations, comiques ou non, et les utilisera pour aborder des thèmes nombreux et variés. La découverte de la famille de Rita sera un grand moment de la saison. Sa sœur comme son beau-frère étant à l’opposé des fondamentaux de la famille Bougon. L’autre grand moment se fera en chanson puisque Dodo rencontrera un producteur qui veut faire d’elle une star sous le nom de Dodo Cocorico.

Cette première saison se termine par le meilleur cliffhanger de la série qu’il faudra regarder après le générique de fin.

Saison 2 : La saison des difficultés / 24 épisodes

Cette nouvelle saison, plus longue, va prendre le temps d’approfondir l’histoire et les protagonistes, tout en gardant ses fondamentaux, à savoir ses critiques de la société et son humour gras. Nous sommes bien gâtés par la multitude des sujets abordés.

Premier grand changement, la série nous permet enfin de nous attacher à cette famille, personnage par personnage. Elle va nous décrire les liens, bien plus forts qu’un simple nom de famille, qui lient entre eux chaque protagoniste. C’était pour moi un changement inévitable pour fidéliser le public et qui a été bien mis en place.

Deuxième changement, totalement absent de la saison 1, différents fils rouges vont s’étaler sur plusieurs épisodes tout en gardant l’idée d’un thème principal par épisode. Les situations vécues par les Bougon vont dorénavant impacter leur personnage puis parfois la famille. La série s’ancre de plus en plus dans la réalité pour son bien puisque cela renforce sa crédibilité.

Les Bougon pyramide

Enfin, dernier grand changement : le ton. En effet, les thèmes abordés sont beaucoup plus sombres et traitent de problèmes bien plus dérangeants et profonds tels que le handicap mental, la drogue, les médicaments, les armes, les sectes, le harcèlement, le racisme, le suicide et la mort. Je vous rassure, elle traite aussi beaucoup de sujets plus joyeux comme la justice, le retour à l’emploi, le scoutisme, le relooking, le machisme, l’hôtellerie et la production télévisuelle. Ce grand virage peut être très perturbant au début parce que très proche du pire de notre quotidien. Ce n’est pas forcément ce que l’on cherche à voir dans une fiction. En tout cas, je pense que la série arrive à aborder des sujets, pouvant être tabou, sans tomber dans une vulgarité des émotions et des sujets.Les Bougon Relooking

Preuves d’une saison qui garde les fondamentaux comiques de la série, les 3 premières minutes sont un régal pour tous ceux dont ça frotte entre les cuisses, mais pas que. L’épisode 9 quant-à-lui propose la scène la plus culte de la série, Rita se retrouvant en terre inconnue au sein d’un sexshop.

 Encore une fois, la saison se termine par un cliffhanger. Celui de cette saison de 24 épisodes est bien moins heureux que celui de la saison 1. Il fera monter les larmes à chaque spectateur le visionnant.

Saison 3 : La saison des changements / 13 épisodes

Suite et fin pour la famille Bougon.

Pour ne pas être redondante, la série tente de se renouveler et de renouer avec des sujets joviaux, comme elle le faisait en saison 1, tout en gardant les bénéfices de la deuxième. Malgré une visible bonne volonté et une qualité d’écriture toujours présente, faire suite à la dureté des thèmes abordés en saison 2 s’avère presque impossible. La majorité des thèmes abordés paraissent fades même s’ils restent très divertissants. Apparaissent entre autres comme sujets les crédits bancaires, l’alcoolisme, l’avortement, l’élevage, l’éducation, l’armée, les cambriolages, les écrivains et le milieu carcéral.

Les Bougon à la piscine

Au terme d’un ultime 13ième épisode, la série nous propose ce qui pour moi est une fin heureuse cachée derrière une ultime critique, cette fois-ci à un niveau mondial. Une fin digne de ce nom comme on aimerait qu’elle existe pour chaque série.

Conclusion de la série

Si dans sa première saison, la série les Bougon propose un ton et des thèmes facilement abordables, il n’en est pas de même pour la suivante. Elle a eu le courage de critiquer tant des sujets légers que d’autres très difficiles, délicats voir tabous et de l’avoir bien fait. Conclue au terme de 50 épisodes, la série se referme sur cette famille éloignée des modèles de société.

Les Bougon la fin de la série

Après avoir ressenti bien des émotions auprès d’eux, on ne peut qu’être triste de la fin de leurs aventures. Personnellement, c’est le genre de famille sincère, honnête et fidèle que j’aimerai connaître. Le genre de famille qui vous remet rapidement les idées en place sur la condition de l’être humain dans nos sociétés développées. Peu importe notre avis personnel sur les sujets abordés, on ne peut pas rester de marbre devant cette œuvre nous prouvant qu’il y a toujours du bien dans le mal, du bon dans le mauvais et inversement.

Une suite possible ?

Si vous avez vu la fin de la série, vous ne comprendrez surement pas pourquoi je pose cette question. Et bien si je la pose, c’est que je connais déjà la réponse et qu’elle est positive. Oui, la série va avoir une suite, mais au cinéma 10 ans après son arrêt. L’histoire débutera quelques mois après celle de la série

Votez Bougon, c’est le nom du film, sortira sur les toiles Québécoises le 16 décembre 2016. Si vous voulez me payer un billet vers le canada, je me ferai un plaisir de vous donner mon avis sur le film. Plus sérieusement, pour nous français, il faudra attendre probablement la sortie en dvd pour pouvoir juger de cette suite.

Et le synopsis ?
Est-ce que le PEN vous parle ?
C’est exact, le Partie de l’Ecœurement National.

Et oui Paul Bougon s’est lancé en politique en créant son parti. D’après une interview de Fabienne Larouche, productrice, par le journal de Montréal, « Les auteurs […] ont écrit un scénario qui frappe fort et qui touche à plusieurs points chauds de l’actualité québécoise des dernières années […]. Avec la commission Charbonneau, on a entendu parler de collusion, de trafic d’influence, de mensonges et de copinage tous les jours dans les journaux. Je pense que le film des Bougon va être une thérapie collective pour les Québécois. On va en rire, mais on va rire jaune !» Selon Rémy Girard qui joue Paul Bougon « Avec la politique, les membres de la famille Bougon vont découvrir la meilleure crosse qu’ils ont eue dans leur vie. Le problème, c’est que Papa Bougon va se faire prendre au jeu et va risquer de devenir pire qu’un vrai politicien.»

Les acteurs de la première heure seront de retour à l’exception du personnage de Mao dont l’acteur est remplacé.

Pas si éloigné des thèmes récurent de nos télévisions en ce moment non ? A quelques mois des présidentielles Françaises, ce film pourrait être intéressant à visionner vous ne trouvez pas ?

7 Note GeeKroniques
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Article écrit par aris

Tout à commencé par Stargate SG1 puis Altantis. Grand fan de séries de science fiction (qui n'aime pas Star wars), j'ai fini au fil des années par diversifier les genres tout en augmentant ma consommation. Aujourd'hui je consomme des séries récentes ou anciennes, de tous genres et de tous horizons. Mes préférés ? Battlestar Galactica et Stargate Alantis.

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