Red Dead Redemption

Un train. Un wagon. Dedans, un certain nombre de passagers. Deux vieilles biques visiblement de la haute discutent allègrement de la modernisation de l’Amérique et à quel point elles sont heureuses que cet horrible époque du Far West se meure enfin. Derrière elles, un homme écoute sans rien dire. Il est l’une de ces légendes du passé voué à tomber dans l’oubli sous le poids des nouvelles grandes villes et de l’arrivée des voitures, des révoltes mexicaines et des pistolets automatiques. Vous êtes calme. Car vous êtes cet homme. Vous êtes cette époque mourante. Vous êtes John Marston.

C’est ainsi que commence le poids lourd  de l’année 2010 made in Rockstar Games sortit sur Pc, Xbox 360 et PS3 : Red Dead Redemption. Issu du même univers que son prédécesseur Red Dead Revolver, un Third Person Shooter en couloir, ici nous sommes dans un monde ouvert où nous devrons débloquer les zones de jeu au fur et à mesure que le jeu avance tout en ayant la possibilité d’aller où on veut entre les missions sans contrainte. L’une des grandes caractéristiques que la plupart des joueurs encensent dans les jeux Rockstar, avec notamment le scénario.

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Et Dan Houser, scénariste des GTA, signe avec Michael Unsworth et Christian Cantamessa un script à hauteur de son chef d’œuvre en titre à l’époque, GTA 4. Marston n’à qu’une raison de faire tout ce chemin : récupérer sa femme et son fils gardés en otages par des fédéraux en acceptant de capturer pour eux les anciens partenaires de la bande de Marston qui l’ont laissé pour mort après un braquage il y a des années de cela. John se retrouve alors ballotté de l’ouest mourant au nouveau-Mexique en pleine révolution pour terminer son histoire dans les prémisses des futures métropoles, massacrant honneur, indiens et bisons pour s’étendre toujours plus loin. Une histoire aussi forte et fouillée qu’elle construit avec perfection sa progression avec celle du joueur. Alors que vous pourriez résoudre une première grosse partie de l’histoire dans les premières minutes de jeu, la réalité vient vous rappeler que vous n’êtes pas une machine de guerre mais un homme comme les autres et vous allez alors commencer une formation pour vous remettre en selle. Si vous avez râlé contre les deux heures d’attentes avant d’avoir un flingue dans GTA 4 , préparez vous parce que vous en avez pour un petit temps à capturer des chevaux et guider du bétail. Mais une fois que les choses sérieuses commencent, ce sera un rush quasi sans fin jusqu’au générique.

Vous êtes donc un homme comme un autre bien que vous soyez armé d’une vingtaine d’arme allant du simple revolver au fusil à lunette en passant par les couteaux et les bouteilles incendiaires et que vous allez progressivement apprendre à utiliser le dead eye, un ralenti type Max Payne qui vous permet une fois le dernier stade d’apprentissage atteint, de cibler vos amis en les sélectionnant durant votre laps de temps pour tous les tuer en quelques instants une fois que vous êtes prêts. Mais ce ne sera pas suffisant. Votre arme ultime finalement, à l’image d’un GTA où de Bully : Canis Canem Edit, ce seront vos alliés. Un arnaqueur, un nécrophile, un raciste, un ancien cow boy avec la moustache de Sam Eliott, un leader rebelle trop peu parfait, cette galerie de personnages évoquant ceux de Jean-Pierre Jeunet est de façon commune à quasi tout leur jeux, représentative du combat des asociaux, des marginaux, des laissés pour comptes, des moqués contre un système et une société qui les regarde avec mépris sans se rendre compte que finalement elle est aussi horrible qu’eux.

Car c’est toujours drôle d’entendre des gens qui jugent sans jouer les jeux Rockstar comme des jeux violents et stupides où on peut écraser des grands mères en voitures (où en chevaux), mais si derrière on n’essaye pas de comprendre le message global de ces jeux autant ne pas essayer de juger. La force des jeux Rockstar c’est qu’ils sont tout simplement réalistes et là est leur plus forte dénonciation. Tout ce qui se passe dans Red Dead Rédemption où GTA se déroule dans un pays dont le droit à une arme se révèle être le second amendement. Les jeux Rockstar sont cyniques parce que les gens les rabaissent à de simples simulateur de massacre, de violence et d’humiliation alors que tout ce qui est montré pourrait réellement se produire aux Etats-Unis, c’est d’ailleurs pour ça qu’en dehors de « London », aucun jeu Rockstar ne se déroule ailleurs qu’aux USA. De plus ici Red Dead Rédemption se démarque en proposant une jauge morale qui selon vos actes, vous sacrera héros où hors-la-loi. Si cependant cette barre vous gène moralement justement, achetez le foulard que vous pourrez mettre à votre visage pour qu’on ne vous reconnaisse plus et alors la jauge de morale n’apparaîtra plus. Simple mais bien réfléchit.

Red Dead Rédemption à bientôt 5 ans et pourtant il vieillit visuellement à peine, au contraire d’un GTA 4 dont le moteur graphique du jeu (et non des dlc) commence à faire très mal aux yeux. Il s’agit toujours d’ailleurs de l’une des plus grandes zones jamais créé pour un jeu concernant le rapport distance/qualité technique permise. Mais plus encore que le visuel où le gameplay classique pour l’époque mais efficace, c’est l’histoire, les enjeux et les retournements qui étonnamment ne vieillisse pas. C’est simple, il suffit d’y penser pour que certains se mettent à bien réfléchir dessus, ses messages et ses sens. Mais Red Dead Rédemption c’est avant tout l’histoire que nous voulons, que nous devons donner à Marston (magnifiquement doublé par Robert Witheof) qui nous portera, sublimé bien sur par toutes les qualités du jeu. Il était un hit à l’époque et le reste encore aujourd’hui. Il vieillit aussi bien que son héros, cet homme qui pour certains semblent n’être qu’un fantôme d’un passé mort que tout le monde finira par oublié. Rockstar signe ici un grand jeu qui continue de montré qu’ils ont des années d’avance de maîtrise et de compréhension sur le milieu impitoyable du jeu vidéo dans lequel ils évoluent, et réussit un exploit vidéo-ludique telle pour une expérience si marquante qu’il paraît impossible d’oublier qui était John Marston.

Conclusion

« Red Dead Rédemption » était considéré comme un grand jeu au moment de sa sortie et l’opinion reste pour beaucoup à ce jour inchangé. Son gameplay efficace, ses graphismes, sa progression, la jauge de moralité, l’armement, les personnages, l’histoire et tant d’autres choses font qu’il reste un plaisir immense à rejouer. Une œuvre aussi divertissante que passionnante, posant de vrais questions à de vrais problèmes entre deux fusillades. Toujours à ce jour l’un des meilleurs jeux que la 6ème génération ait porté.

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Article écrit par MaximeNoodle

Elevé au cinéma par mon père, en être acteur comme spectateur est un besoin naturel pour moi. Depuis ma Normandie natale, je réalise des webséries, courts métrages et chroniques regroupés sous une forme de label nommé Cuvia 84. J'aime les pizzas quatre fromages, le martini, les nuits au Max Linder, Once Upon A Time In America, Arnold Schwarzenneger et plein d'autres trucs.

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