Quelques minutes après minuit

On s’était quitté sur «Rogue One : A Star Wars Story» et je me posais des questions déontologiques sur l’usage de l’image des morts, par la suite, notre princesse nous a laissés pour rejoindre la Force… Drôle d’année 2016 qui nous a donné l’impression que beaucoup d’idoles nous avaient quittés, on n’en oublierait que notre monde actuel hyperconnecté et surinformé joue avec nos émotions à fleur de peau… ou plutôt à fleur de clavier!!


Étrange idée de commencer l’année 2017 sur GeeKroniques de cette façon, mais je dois avouer que j’ai trouvé le bon remède à notre chagrin 3.0. Ma pharmacie s’appelle cinéma, et le premier film pour lequel je vais vous donner mon avis est «Quelques Minutes après minuit» de Juan Antonio Bayona, une adaptation du même nom d’un roman pour adolescents de Patrick Ness.

A MONSTER CALLS

Conor O’Malley est un petit garçon assez débrouillard, pas le choix, sa mère est terriblement malade… Pour rajouter à son malheur, sa grand-mère est plutôt sévère avec lui, son père vit aux USA et ne semble pas se préoccuper de la vie de son fils, et il est régulièrement persécuté par ses copains de classe. Une vie de rêve donc… Seule façon de s’échapper un peu de la difficulté de son quotidien: les quelques moments de partages avec sa mère quand celle-ci va «mieux», le dessin et des rêves de plus en plus précis et étranges.

«Quelques minutes après minuit», est un conte, un vrai conte qui va vous émerveiller et faire pleurer, vous faire rêver, mais aussi vous bousculer avec brutalité et une violence psychologique. Un vrai conte, pas un conte remanié et adouci à la sauce Disney, non, un conte avec de la terreur et une morale qui fait froid dans le dos. Un mélange entre le réel et la tristesse de la vie de Conor, et un monde irréel, véritable bouffée d’oxygène pour un héros qui a besoin d’évacuer sa colère, sa violence et toute la souffrance de son inconscient.

Dans ce monde imaginaire, Conor va faire la connaissance avec un monstre, tantôt (ouais en 2017, j’ai envie de remettre «tantôt» au goût du jour) adversaire, tantôt confident, mais surtout conteur d’histoires (3 pour être précis) qui vont permettre à Conor de raconter et comprendre SON histoire: celle qu’il vit bien malgré lui dans la réalité. Difficile pour lui de mettre des mots sur les événements tragiques de sa vie, d’accepter la réalité de la situation, et de comprendre des notions comme le deuil, le chagrin, la souffrance du malade, mais aussi de ceux qui l’entourent. C’est bien là, la grande force de cette histoire, nous inviter dans un monde, celui de Conor, suivre son récit initiatique vers la fatalité, la noirceur de la vie, l’injustice et l’acceptation de celle-ci. À travers une touche de fantastique, de merveilleux, d’étrange volontairement non expliquée, Bayona nous amène à la réflexion et surtout à l’émotion!!!

Conor O’Malley est un de ses personnages captivants, touchants, dont l’empathie découle naturellement. J’ai été totalement conquis par son interprète, Lewis MacDougall, dont la gestuelle et le regard transmettent énormément d’émotions. «Quelques minutes après minuit» m’a permis de redécouvrir une actrice, Felicity Jones, avec un rôle qui lui permet de développer un vrai jeu, une véritable performance. Cela m’avait manqué!!! Pour compléter le casting, on retrouve la toujours aussi charismatique Sigourney Weaver qui en a encore sous la pédale émotive et qui mérite bien mieux que d’apparaître dans cet odieux remake de Ghostbusters… Ce fut aussi un plaisir de revoir Toby Kebbell que j’avais laissé à mes souvenirs encore cauchemardesques d’un Fatalis tout crispé dans la dernière version des «4 fantastiques».

Pour résumer, «Quelques minutes après minuit» c’est de l’émotion pure, des thèmes forts et un casting diablement bien exploité. Mais pas que…

MENSONGE QUI RASSURE OU VÉRITÉ QUI FAIT MAL

Juan Antonio Garcia Bayona, je le connais que de nom. Pour être franc et direct, je ne connais pas son travail de réalisateur, mais son «Quelques minutes après minuit» ou «A Monster Call» en VO me donne clairement envie de rattraper cette lacune. Je ne vais pas y aller par quatre chemins, avec ce film, Bayona se place clairement entre le cinéma de Del Toro et celui du grand Steven Spielberg. Ce long métrage me rappelle grandement «Le Labyrinthe de Pan» pour sa relation entre un enfant et un monstre, son attrait aux contes et à la noirceur qui s’en dégage souvent. En tout cas, je suis totalement sous le charme du travail de réalisation de Bayona!!!

Ce cinéma, c’est tout ce que j’aime!!! Des idées à chaque plan, une réalisation au service d’une narration qui nous touche, quel que soit notre âge ou notre vision de la vie et de la mort… Il se dégage de ce long métrage, beaucoup de sincérité, l’envie de nous faire ressentir des émotions qui nous sont propres. Parce que le cinéma, c’est de l’émotion, c’est bête à dire, mais c’est l’essence même du cinéma et de l’art en général.

En parlant d’art, le film utilise ses différentes formes  pour donner de l’ampleur à ses personnages et à son récit. Conor est un dessinateur talentueux, héritage de sa mère qui lui permet d’exprimer son ressenti et ses rêves. Il partage aussi avec elle des moments privilégiés et de plus en plus rares devant une version pellicule de «King Kong» (autre monstre iconique du cinéma), et pour finir le monstre de son inconscient lui conte des histoires qui prennent forme de passages en animation pour le spectateur avec un côté aquarelle qui va dans cette volonté de rester dans l’émerveillement.

Je peux continuer aussi sur cet aspect artistique afin de vous parler de la magnifique bande originale de Fernando Velazquez, compositeur attitré de Bayona, qui nous offre des morceaux qui vont également dans le sens du conte cinématographique. Des mélodies envoûtantes au piano, des chœurs qui semblent souffrir et appeler au secours, des instruments à cordes qui nous font ressentir à la fois de la tristesse, mais aussi l’envie d’avoir la force de suivre Conor dans son acceptation de la vérité qui fait parfois mal. Encore une fois, un subtil mélange entre émerveillement et crainte, confort d’un mensonge ou vérité qui fait mal!!

J’ai également beaucoup apprécié le travail sur l’ambiance sonore, notamment le bruit du bois que constitue le monstre, qui renforce ce côté fort et fragile à la fois de ce petit garçon forcé par le destin d’accepter de grandir trop vite. On a droit aussi à des dialogues étouffés pour nous faire ressentir l’isolement de Conor à qui on cache des choses afin de le protéger. Parfois même, on coupe tout, la musique, les bruits alentour pour nous offrir des moments d’émotions pures que même les mots ont du mal à expliquer…

Je vais me répéter, mais le cinéma, c’est de l’émotion, c’est bête à dire, mais c’est l’essence même du cinéma et de l’art en général

À voir? Absolument, obligatoirement, naturellement!!! Un récit fort, puissant, utile, émotionnel et surtout la meilleure façon de commencer cinématographiquement parlant l’année 2017.

J’en profite pour vous souhaiter une belle et heureuse année 2017, au plaisir de parler cinéma avec vous sur GeeKroniques avec sincérité, curiosité, mais surtout avec émotions, beaucoup d’émotions.

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8 Note GeeKroniques
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  • Un conte aussi merveilleux que bouleversant !!
  • Des acteurs au service de l'émotions !!
  • Bayona, un réalisateur entre Del Toro et Spielberg (rien que ça!!).
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  • Sujets lourds, émotions fortes, vous êtes prévenus !!!
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Article écrit par Anthony

Grand consommateur de films, mais attention : j'aime la qualité!!! SF, fantastique, action, réflexion, comédie, français, étranger, drame, biopic, etc, etc, ... du moment que c'est fait avec le cœur et non avec les pieds!!!

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