Notre petite soeur

Il y a quelque temps, je vous parlais du film japonais “Après la tempête” du réalisateur Hirokazu Kore-eda. Ayant beaucoup aimé le film, j’ai sauté sur l’occasion d’aller voir “Notre petite soeur”, le film qu’il a réalisé juste avant. Projeté dans mon cinéma de quartier au cours d’une semaine spéciale Japon, j’ai presque eu droit à une séance privée (on était deux dans la salle)!

Notre petite sœur (Umimachi Diary en VO, que l’on peut traduire par « Le journal de la ville de la mer »),  c’est l’histoire de 3 sœurs qui viennent de perdre leur père. Un père qu’elles n’ont pas vu depuis plus de 10 ans car il est parti vivre avec une autre femme. Sachi (Haruka Ayase), Yoshino (Masami Nagasawa) et  Chika (Kaho) vivent toutes les trois à Kamakura dans une grande maison traditionnelle japonaise. Sachi, la soeur ainée, surnommée l’intendante par ses deux soeurs, c’est elle qui gère la maison et souvent ses soeurs! On découvrira par la suite que leur mère les a quittées également et Sachi a dû assumer beaucoup de choses, quitte à mettre en retrait sa propre vie. Yoshino, c’est l’épicurienne, elle passe son temps à faire la fête et à picoler! Chika, la cadette, c’est un peu la baba cool de la bande…

Alors qu’elles se rendent toutes les 3 à l’enterrement de leur père, plus par respect des convenances qu’autre chose, elles feront la connaissance de  Suzu (Suzu Hirose), leur demi-soeur de 14 ans que leur père a eu avec une autre femme que sa compagne actuelle. Sachi va très rapidement se prendre d’affection pour la jeune fille un peu timide et va lui proposer de venir habiter avec ses soeurs afin de ne pas rester avec une belle-mère qui ne fait guère cas d’elle.

Suzu va alors s’installer dans la grande maison familiale et faire connaissance avec ses demi-soeurs.

Mon avis

Tout comme dans “Après la tempête“, Hirokazu Kore-eda explore les relations humaines, avec leur complexité, leur dureté, mais aussi leur beauté! Et une nouvelle fois, si cela est vu du prisme de la société japonaise, cela reste malgré tout très universel je trouve!

Un père invisible, mais omniprésent!

Sachi est très remontée contre son père qui les a abandonnées. Yoshnino et Chika, qui n’en possèdent qu’un vague souvenir, les choses sont plus contrastées. C’est finalement Suzu qui a le plus vécu avec lui. Mais elle ne parlera pas beaucoup de lui, car c’est “à cause” de sa mère qu’il a quitté les 3 soeurs. Un non-dit qui va rester très présent et bloquer la communication entre les 4 femmes.

Famille, je vous hais!

Comme dans toutes les familles, les relations sont parfois compliquées! Les 3 soeurs se chamaillent souvent! Sachi fait la “maman”, ce qui agace ses soeurs et elle s’agace que ses soeurs ne soient pas plus autonome. Mais au final, elles sont malgré tout très liées et la cohabitation ne se passe pas si mal (la preuve, elles vivent toujours ensemble).

Les relations entre Sachi et sa mère sont également très tendues. Sachi est tout aussi remontée contre sa mère! Leurs rencontres virent inévitablement à l’affrontement. Il suffira d’un petit pas de chacune pour commencer à normaliser un peu les choses entre elles.

Par contre, point de tensions entre les soeurs et leur demi-soeur! Suzu sera accueillie à bras  ouverts dans le “dortoir pour filles” comme elles surnomment leur maison! Elles feront abstraction du quand dira-t-on et aucune arrière pensée ne va les animer. Ces trois adultes seront finalement ravies de chouchouter cette petite soeur qui va tomber du ciel et qui est plutôt une perle!

Le Japon en mode carte postale

Cela fait un bon moment que je rêve de faire un voyage au Japon. Et notre petite soeur n’a fait que renforcer cette envie! Le film nous montre un japon dans son quotidien le plus banal, mais qui du coup résonne comme une belle invitation à découvrir le pays! Que cela soit la version rurale présentée lors de l’enterrement du père ou celle plus citadine du cadre de vie des soeurs. On y découvre le petit restaurant tenu par une dame qui fait ça depuis toujours et qui sert une cuisine traditionnelle, le “tunnel” de fleurs de Sakura parcouru par Suzu et son camarade fait très carte postale, mais reste magnifique!

La beauté des plans contribue également beaucoup à cet effet attractif! On rentre dans le quotidien de ces Japonaises, partagées entre leur sens du devoir (Sachi et Suzu principalement) et leur envie de vivre leur vie comme elles l’entendent.

Au final

Du coup, on ressort apaisé et un peu béat du film (et non cela n’a rien à voir avec la dégustation de whisky japonais effectuée juste avant le film).

Ce qui est magique, c’est que comme je le disais en introduction, c’est que Hirokazu Kore-eda parvient à faire un film universel malgré son contexte nippon. Chacun trouvera dans le film des éléments qui le ramèneront à sa propre vie, que cela soit les relations avec ses frères / soeurs, avec ses parents,…

Le tout avec une belle touche d’émotion, mais juste ce qu’il faut, sans exagération, sans surjeux. Toujours avec cette dose de pudeur caractéristique de la société japonaise (mais que l’on retrouve aussi chez nous, même si c’est différent), qui repose en partie sur le non-dit. Mais un non-dit qui devient de plus en plus lisible au fil des scènes. Le tout porté par d’excellentes actrices!

Du coup, malgré la longueur du film (plus de 2 heures), on est presque triste de quitter les 4 soeurs et leur petit cocon familial.

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Notre petite soeur
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Article écrit par Mat

Mat, créateur et admin du site GeeKroniques. Grand fan de séries et de culture Japonaise, je vous parle de mes coups de coeurs et parfois de mes coups de gueule! Retrouvez également mes tutos informatiques sur mon autre site.

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