La maison au toit rouge

La film commence par l’enterrement de Taki (Cheiko Baisho), une femme âgée. Son petit neveu, Takeshi (Satoshi Tsumabuki) semble affecté par le décès de la vieille femme. On découvrira rapidement que malgré le coté un peu revêche de Taki, il était assez proche d’elle et il lui rendait régulièrement visite pour lui rendre des petits services. Alors qu’il vide sa maison avec sa famille, il trouve une boite qui lui est adressé. La boite contient les mémoires de Taki. Mémoires qu’elle a écrit avec l’aide de Takeshi. Le film va alterner alors des phases de flasback des rencontres de Taki et Takeshi et d’autres sur les souvenirs de Taki liés à ses mémoires.


J

apon 1936. Taki (Haru Kuroki), alors âgée de 18 ans quitte sa campagne profonde du nord du Japon pour aller travailler comme bonne dans une famille bourgeoise de Tokyo, les Hirai. On va faire connaissance avec elle de Tokiko (Takako Matsu), une jeune femme souriante, de Masaki (Takataro Kataoka) son mari qui passe plus de temps au travail que chez lui et de Kyoki, leur fils de 6 ans. Un foyer paisible dans lequel la jeune femme va très vite se sentir bien. C’est pourtant une maison atypique! fraîchement construite (le grand tremblement de terre de Kanto à détruit un grande partie de Tokyo en 1923), c’est une maison à l’européenne avec un toile de tuiles rouges qui dénote avec les maisons voisines. Seules concessions aux maisons Japonaises classiques : une entrée pour se déchausser, des portes coulissante et des tatamis dans les chambres.

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On va suivre la vie de la famille et de leur bonne dévouée qui travaille sans rechigner. Mais un jeune collègue de Masaki, Itakura (Hidetaka Yoshioka), un artiste plein de délicatesse, va venir rompre ce bel équilibre. On va tout de suite sentir que Taki et Tokiko vont être attiré par cet homme. Et Tokiko va se laisser séduire par le goût de l’interdit qu’il représente dans cette société Japonaise très machiste et conservatrice. Malgré sa naiveté, Taki va être témoin de ce qui se trame, sans savoir comment y réagir. Et en toile de fond, la menace de la guerre d’abord avec la Chine puis avec les USA, devient de plus en plus tangible..

Mon avis

S

i vous venez ici régulièrement, vous savez que je suis assez fasciné par la culture Japonaise. Si j’ai découvert pas mal de facettes de ce pays au travers des mangas, des animés et même du J-Rock, j’ai vu assez peu de films Japonais! Pour être tout à fait exact, hormis les films de Takashi Kitano que j’ai regardé grâce aux musiques de Joe Hisaishi, c’est une partie de la culture du Japon que ne connais pratiquement pas. Aussi, quand j’ai découvert l’existence du Festival Kinotayo, j’ai décidé que cela pouvait être une bonne occasion, d’autant que certains films sont programmés dans la petite salle de cinéma à coté de chez moi ou je vais régulièrement. Je suis donc allé voir le film un peu par hasard, en ayant simplement lu un court résumé. Visiblement, le cinéma Japonais ne déplace pas les foules, on était 5 dans la salle (moi y compris). Mais c’est bien dommage, le film doux amer est vraiment bouleversant (j’ai finis le film avec pas mal de larmichettes au coin de l’oeil)! Le film est adapté d’une nouvelle de Kyoko Nakajima.

Le film est doublement émouvant

On a tout d’abord l’histoire de Taki, qui va se retrouver coincée entre son devoir de “réserve” et son amitié avec sa patronne, à une époque ou le quand diras-t-on et l’adultère ne font pas bon ménage. Il y a un petit coté “In the mood for love” dans le traitement de la relation entre Tokiko et Itakura, tout en sous-entendus, tout reste feutré entre eux deux. Et puis il y a la partie avec Takeski et les flashback de ses discussions avec sa grand tante ou il émane une grande tendresse derrière les vannes qu’ils s’envoient! Et par la suite, il va s’attacher à clore l’histoire de sa grand-tante, un beau devoir de mémoire qui finira de manière très émouvante. Une révélation qui viendra lever le voile sur le secret de Taki. Mais le film reste un témoin qui ne juge à aucun moment les personnages.

J’ai bien aimé cette reconstitution du Japon d’avant guerre qui est intéressante pour qui aime ce pays. On y découvre une population qui suit aveuglément la propagande et un pays déjà en guerre contre la Chine bien avant son entrée en guerre avec l’attaque sur Pearl Harbor.Les mariages arrangés semblent être plus ou moins la règle. Itakura va d’ailleurs subir beaucoup de pression à ce niveau par son patron! Une situation totalement inconcevable de nos jours! Mais c’est aussi l’occasion d’apporter un point de vue différent avec la vie de Taki et comment elle l’a vécu de son coté. C’est d’ailleurs un sujet de chamaillerie avec Takeshi, visiblement féru d’histoire, il reproche souvent à Taki d’édulcorer ses mémoires! L’occasion de constater que c’est déjà une époque ou le Japon se cherche entre tradition et modernisme, à l’image de la maison rouge qui mélange Orient et Occident. Mais c’est aussi le cas dans les vêtements, Tokiko, Masaki passant régulièrement de leurs vêtements traditionnels à des vêtements typiquement occidentaux.

Le rythme est lent et assez souvent contemplatif, mais pour autant, je ne suis pas ennuyé une seconde!

Le film m’a beaucoup touché, bien plus que ce à quoi je pouvais m’attendre! Étonnant pour un film provenant d’un pays culturellement si différent. Mais j’avais connu un peu la même chose en regardant par exemple l’été de Kikujiro, un des plus beaux film de Kitano. Bref, une certaine résonance avec le cinéma Japonais qu’il va falloir que je creuse! Et puis, il y a la musique! Tout au long du film, je me dis que la musique rappelle beaucoup celle de Joe Hisaishi. Et pour cause, je découvre lors du générique que c’est bien lui qui a composé la musique du film. Une musique toute en douceur (pas d’orchestre ou d’envolées lyriques), de quoi ajouter un peu plus d’émotion au film. Il convient aussi de préciser que Yoji Yamada, le réalisateur, est loin d’être un débutant et qu’il connaît son affaire (plus de 80 films et 50 ans de carrière). Les acteurs sont également tous convaincants dans leur rôles, preuve qu’il y a aussi de très bon acteurs au pays du soleil levant!

Comme quoi on peut aimer des blockbuster et des films bien plus intimistes comme la maison au toit rouge. Une bien belle découverte pour ma part et qui va m’encourager à continuer de m’intéresser au cinéma Japonais! Haru Kuroki (Taki jeune)  a obtenu le prix d’interprétation féminine à la berlinale de cette année (Ours d’Argent). La sortie en France de “La maison au toit rouge” est prévue le 1 Avril 2015.

 

8.5 Note GeeKroniques
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Article écrit par Mat

Mat, créateur et admin du site GeeKroniques. Grand fan de séries et de culture Japonaise, je vous parle de mes coups de coeurs et parfois de mes coups de gueule! Retrouvez également mes tutos informatiques sur mon autre site.

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