Close-Knit [Kinotayo #2]

Close-Knit est le second film que j’ai pu voir lors du festival Kinotayo. Et c’est clairement mon coup de coeur! Une ode à la tolérance et à la différence, avec un brin de subversivité et d’ironie qui vient soutenir le tout! Une pépite pleine d’émotion qui m’a régalé!

Tomo (Rinka Kakihara), une jeune Japonaise de 11 ans vit seule avec sa mère Hiromi (Mimura). Une mère absente qui passe son temps à sortir et faire la fête et qui ne s’occupe pratiquement pas d’elle. Pire, elle va s’absenter pour partir avec son copain du moment, et elle va confier la garde de Tomo à son frère Makio (Kenta Kiritani). Lorsqu’il récupère sa nièce, Makio lui annonce qu’il vit avec quelqu’un de “spécial”.

Cette personne, c’est Rinko (Toma Ikuta), une femme transgenre. Passé la première surprise, Tomo et Rinko vont très vite développer un lien de plus en plus fort. Rinko jouant à la fois le rôle de mère et de grande soeur pour Tomo-chan. Une relation tellement loin de ce que Tomo a pu connaitre avec sa mère.

À tel point que Makio et Rinko songent à adopter Tomo. Pour cela, il reste à Rinko, désormais dans un corps de femme à devenir une femme aux yeux de l’état civil.

Mon avis

Comme Tomo, on est de prime abord un peu surpris par Rinko qui est vraiment dans le cliché le plus total de la  femme japonaise! Discrète, serviable, excellente cuisinière… Et puis rapidement on oublie cela et on apprécie la douceur du personnage. Une douceur teintée d’une dose de subversivité (les pénis en tricot, c’est quelque chose) d’un humour à toute épreuve et d’une résilience impressionnante! Car on va découvrir une partie de sa vie et du combat qu’elle a dû mener pour obtenir un corps en adéquation avec sa véritable identité sexuelle. Un long parcours où elle pourra compter sur le soutien inconditionnel de sa mère!

Mais Close-Knit n’est pas juste un long fleuve tranquille! Il montre aussi l’ineptie des préjugés d’une partie de la société envers les transgenres. Que la “normalité” ne veut finalement pas dire grand-chose. Et même si cela peut paraître très guimauve, seul l’amour compte! L’attachement et l’attention de Rinko envers Tomo sont réels et profonds. Et c’est d’ailleurs une vraie leçon de vie pour Tomo (et le spectateur) de découvrir et de faire face aux préjugés, comme ceux d’une mère d’un camarade de classe ou même de sa propre mère. Et accessoirement de découvrir que le tricot peut être un excellent exutoire à la colère ressentie. 🙂

Une forme d’exutoire qui renvoie par ailleurs au passé de la mère de Tomo et explique son aversion des vêtements en laine! Une mère qui du coup trimbale ce passé qui fait d’elle ce qu’elle est. Elle n’est pas juste la caricature de la mauvaise mère.

Le juste titre

Le titre japonais, 彼らが本気で編むときは、 peut être traduit littéralement par “Quand ils tricotent sérieusement” (merci google traduction). Mais du coup, j’ai trouvé le titre international “Close-Knit” très astucieux, car cela signifie liens étroits, mais cela renvoi aussi au tricot, qui reste une symbolique très forte du film! Bien vu!

Un beau témoignage

J’avoue qu’en tant qu’hétérosexuel, je me suis peu intéressé aux problématiques des transgenres, tout en respectant leurs choix. Du coup, Close-Knit apporte un éclairage tout à fait intéressant. Une sorte de “vulgarisation” pour le profane que je suis. Et de rappeler toute la force de caractère (la résilience que j’évoquais) pour faire face lorsque l’on un corps qui ne correspond pas à votre sexe!.

Et aussi de démontrer qu‘être différent ne veut pas dire que l’on vaut moins que les autres, on est juste différent. On pense également à la parabole de la paille et la poutre! Avant de dénigrer ceux qui ne sont pas comme vous, préoccupez-vous plutôt de vous et de vos proches. Une leçon pour la mère de Kai qui enjoint à son fils de ne plus fréquenter Tomo parcequ’il est avec une personne “anormale” (Rinko), mais qui ne voit pas (ou qui ne veut pas voir) le désarroi de son fils qui éprouve des sentiments pour un autre garçon et qui ne sait pas comment le gérer. Qui ne comprend pas cette notion de “normalité” qui ne fait que le plonger encore plus dans le doute.

Close-Knit est une très belle façon de rappeler que ce qui compte ce n’est pas ta sexualité, c’est comment tu vis ta vie et comment tu prends soin de ceux que tu aimes. Un film que l’on devrait montrer à tous les rétrogrades de “La manif pour tous”. Même si je doute que l’on puisse faire changer d’avis de tels imbéciles!

Le casting

Les acteurs sont magnifiques! Rinka Kakihara est trop kawaii, et on s’attache très vite à son personnage de petite fille très mure et déjà dotée d’un fort caractère! Mais c’est bien sûr Toma Ikuta qui est bluffant! Très féminin (malgré ses grandes mains), il incarne parfaitement ce personnage, plein de force et de douceur à la fois. Très vite, on le considère comme une femme.

Au final

Vous l’aurez compris, j’ai eu un vrai coup de coeur pour Close-Knit! Un film plein d’émotions (j’ai autant chialé que sur un bon épisode de This is Us, c’est pour vous dire), de tendresse et aussi de piquant. Mais aussi plein de moments joyeux et loufoques. Rinko et ses 108 pénis en laine, Tomo qui asperge la mère de Kai de liquide vaisselle, la mère de Rinko un brin allumé (et en boucle sur la “pousse” de la poitrine de Tomo). Bref, même si le film renvoie à la dureté du regard que posent une partie des gens (l’infirmière à l’hôpital et la chambre pour femme), il reste très positif et résolument optimiste et bienveillant. Une bienveillance que l’on oublie bien trop dans nos vies je trouve. Et son regard sur la famille un brin subversif est assez jouissif!

Je suis ressorti de ma séance plein de belles images, de bons moments, le coeur léger, chargé d’émotions.

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Article écrit par Mat

Mat, créateur et admin du site GeeKroniques. Grand fan de séries et de culture Japonaise, je vous parle de mes coups de coeurs et parfois de mes coups de gueule! Retrouvez également mes tutos informatiques sur mon autre site.

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